Le site au quotidien : notre blog

Est-ce indécent de parler d’optimisme ?

paris

Un timing hasardeux

Début Novembre 2015

Quelques mois que le site se construit tranquillement à l’abri des regards. Plus d’une centaine d’articles rédigés, une bonne dizaine d’interviews en boîte, des dizaines de personnes rencontrées. Le site « tourne », pas encore parfait mais il va être temps d’annoncer son ouverture officielle.

13 Novembre 2015

Attaques terroristes à Paris. Des dizaines de morts, des centaines de blessés. Le choc pour tout un pays. Un ami est bloqué en face du restaurant attaqué, un autre habite à côté du Bataclan. Finalement tout le monde est sauf autour de moi. J’ai de la chance. Je fais partie des habitués de ces lieux, mes amis font partie des habitués de ces lieux.

Ce vendredi soir j’ai décidé de travailler sur le site quand ma mère inquiète de ma géolocalisation me prévient des premières attaques. Je milite pour les actualités positives mais dès cet instant, je suis happée par les témoignages des rescapés, par le fil de l’enquête policière. Le direct de la tragédie.

Un ami publie sur son facebook « décompte macabre : tout le monde est là ? », glaçant. Puis Facebook me demande si je suis en vie. Bizarre. Tristesse et émotion alternent. Je reçois des témoignages d’amitié du monde entiers. De mon ex-collègue américaine, à des amis vivant à Tahiti ou en Australie.

Je vis, comme beaucoup de parisiens, un week-end « bizarre ». Je suis en « stand-by ». Impossible de me concentrer sur la rédaction d’articles. Comment puis-je oser parler d’optimisme après une tragédie pareille ?

Semaine suivant les attentats

Famille et amis me répètent « c’est justement maintenant que les gens ont besoin de voir qu’ils se passent des bonnes choses, continue le projet ».

Mais n’est-ce pas indécent de militer pour l’optimisme ? N’est-ce inhumain de parler de bonheur quand des familles ont perdu des proches ? N’est ce pas trop tôt ? Dois-je reporter la parution du site à plus tard ?

De plus, j’ai l’impression qu’on connait tous quelqu’un qui connaît quelqu’un qui a été touché. Nous sommes tous marqués.

Le retour à l’optimisme

Mon flux Facebook s’est lentement transformé en une complainte géante.

Des gens qui n’ont rien eu publient de pseudos textes émouvants visant à se faire plaindre sous prétexte qu’ils sont parisiens. Lentement, je commence à me révolter.

Nous n’avons rien eu : à nous de vivre. Comment pouvons-nous oser nous plaindre ? Il faut continuer. Nous le pouvons. Ce n’est pas nier ce qui s’est passé que de refuser de se lamenter. Nos lamentations ne serviront à rien.

L’ouverture du site un mois jour pour jour après les attentats

J’ai longuement hésité à reporter l’ouverture du site après les attentats de Paris. Mais le site est prêt et il doit être publié. Non, nous ne nous arrêterons pas de vivre.

Non le monde ne tourne pas toujours rond, et oui, des événements tragiques se sont produits. Des personnes ont perdu des êtres chers, tragiquement. Mais chaque jour des personnes perdent des êtres chers.

Essayons aujourd’hui de construire demain, de nous concentrer pour avancer ! Parfois, plus facile à dire qu’à faire.

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