Mokhtar, 16 ans, lycéen et entrepreneur !

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Mokhtar a 16 ans… et il n’est pas seulement lycéen, il est déjà entrepreneur !

Mokhtar, 16 ans et déjà entrepreneur, peux-tu nous en dire plus sur toi ?

Depuis tout petit, je suis habité par cette idée qu’il faut que je fasse quelque chose pour rendre le monde meilleur. Quand je voyais toute la misère qu’il y avait autour de moi, je me sentais comme coupable de vivre en France correctement et je me suis toujours dit que je bâtirai un meilleur demain. Je me voyais faire une prépa puis une grande école d’ingénieur pour ensuite créer ma boîte. Car je suis convaincu que ce n’est pas la politique qui permet de changer profondément et durablement le monde mais l’entrepreneuriat.

Y a-t-il eu un événement déclencheur qui t’a décidé à tenter l’aventure entrepreneuriale ?

Jusqu’à la fin de ma troisième je travaillais et donnais tout à l’école. Avec une moyenne élevée, je pensais pouvoir intégrer un lycée prestigieux. J’ai été refusé. Je me suis retrouvé dans mon lycée de secteur avec des options que je ne voulais pas. J’étais vraiment très déçu.

En fait, c’est la meilleure chose qui me soit arrivée. L’école n’était plus ma préoccupation principale. Je me suis intéressé à beaucoup de domaines différents : la programmation, la sociologie, la psychologie, la géopolitique, la Grèce antique, la physique quantique et la philosophie.

En même temps, je découvrais la Paillasse Saone (un éco-hacklable lyonnais) : je me suis passionné pour cet univers libre et ouvert. C’est ainsi que je me suis retrouvé à créer en mai 2016 Kantum, ma startup qui se bat pour un meilleur diagnostic du paludisme à l’aide d’une coque qui transforme un smartphone en microscope. Couplé à une app, elle permet de diagnostiquer automatiquement le paludisme et à terme d’autres maladies comme la tuberculose ou la maladie du sommeil.

Comment gères-tu entrepreneuriat et lycée ?

En se lançant dans un tel projet à 16 ans on rencontre forcément des difficultés. On est censé être au lycée, préparer son bac. On n’est pas Steve Jobs pour arrêter ses études car on n’est pas capable de réussir à un tel niveau.

C’est bien connu 1 sur 1000 réussit. C’est sûrement mon arrogance qui me fait dire ça, mais je renchéris souvent en disant que c’est 1 sur 100 000 qui réussit à mon niveau d’ambition et que je fais partie de ces 0.01 % 🙂

Le plus difficile est de concilier le temps pour le lycée, celui pour le développement commercial de ma start-up, et celui pour le développement de l’application. Ma moyenne baisse, ainsi que mon temps de sommeil mais ça ne rend le défi que plus grand.

Quels conseils donnerais-tu aux lycéens qui veulent se lancer dans une telle aventure ?

Nous sommes plusieurs de notre génération à être des pionniers ! L’état du monde ne peut pas attendre ton diplôme. On a 14, 15, 18 ans, et on lance nos start-ups, on crée des apps, on fait de la recherche low-cost… On a envie de changer le monde ! En tant que pionniers, on se prend tout plein de barrières dans la gueule mais c’est pour que la génération suivante n’ait plus qu’à créer.

Quelle est ta philosophie de vie ? Comment fais-tu pour maintenir ton cap ?

Je n’accorde pas de valeur aux regards des autres et à leurs avis. Ainsi lorsque l’on me dit que ce que je fais est cool, ou que c’est impossible, dans les deux cas je suis neutre.

Tout ce qui importe, c’est ce que je fais et les résultats positifs qu’ils ont sur le monde. Le reste est accessoire et l’accessoire est superflu : il n’a donc pas sa place dans ma philosophie minimaliste. 

Faire, faire des erreurs, apprendre, recommencer. Ici, il n’y a pas de réflexion. Dans ce contexte entrepreneurial elle est superflue, tu dois juste suivre ton instinct, tes émotions.

Te dirais-tu naturellement pessimiste ou optimiste ?

Je ne suis ni optimiste ni pessimiste, je suis juste réaliste. J’ai donc une pente naturelle vers la dépression selon Nasser Ghaemi dans First rate madness, excellent livre au passage que je recommande.

Comment envisages-tu ta vie dans 10 ans ?

Toute personne intelligente ne devrait jamais s’essayer à prédire le futur et encore moins le sien. Je répondrai donc que dans 10 ans il se sera passé des choses particulièrement intéressantes.

Quel est ton plus grand succès ?

Mon échec, car humble j’y apprends quelque chose.

Quel est ton plus grand échec ?

Mon succès, car fier je n’y apprends rien sauf que mon égo est démesuré.

Quelles faiblesses as-tu transformé en forces ?

Ma plus grande faiblesse, c’est mon âge. Souvent les gens ne me prennent pas au sérieux. Mais en fait c’est un filtre remarquable qui me permet de savoir qui croit en moi, qui me supporte et qui est vraiment exceptionnel.

Pour se lancer avec un gamin de 16 ans quand tu en as 10 de plus c’est que tu es forcément fou. Mais la folie c’est le génie que la plupart des hommes ignorent, alors je me retrouve entouré de personnes formidables.

Chers lecteurs, vous avez jusqu’à ce soir pour découvrir et supporter le projet de Mokhtar sur Ulule !
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