Pauline : médiateur et professeur de yoga pour enfants

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C’est sur Instagram que nous avons rencontré Pauline, 34 ans. Médiateur dans la vie et passionnée de Yoga, elle fait partie de ces personnes qui pensent que rien n’est impossible. Aujourd’hui, elle arrive à concilier passion et travail.

Pauline, peux tu te présenter en quelques mots ?

J’ai 34 ans et je suis médiateur.

Un médiateur est un tiers neutre, impartial et indépendant qui aide 2 personnes (ou plus) en conflit à trouver une solution. Pour devenir médiateur, j’ai suivi une formation reconnue par le barreau de Paris.

Tu as toujours voulu faire cela ?

Je ne connaissais pas la profession étant enfant ! Enfant, je voulais être astronaute ou hôtesse de l’air. Ma mère m’emmenait souvent en voyage avec elle et j’aimais cette sensation d’évasion.

J’ai finalement fait des études de lettres avec l’idée de devenir guide touristique afin de privilégier le contact humain. Puis, influencée par ma cousine qui me racontait ce qu’elle faisait en droit, j’ai suivi cette voie. Le droit international me plaisait bien mais je n’avais pas de métier en tête. Finalement j’ai étudié les sciences politiques.

Mes deux parents étant fonctionnaires, j’ai passé quelques concours de la fonction publique sans succès. Ce n’était pas fait pour moi !

Tu es donc partie en Italie ?

Oui j’avais déjà passé un an en Erasmus à Milan car j’étais amoureuse de l’Italie. En droit ce n’était pas bien vu. A la fin de mes études, j’y suis retournée : sans appartement, sans travail dans un pays en crise. Avec du recul, c’était complètement inconscient !

J’ai postulé, voire même harcelé les employeurs pour trouver l’emploi qui me plaisait ! J’ai été embauchée par une grande société française pendant un an puis par la Chambre de Commerce française.

Pourquoi cet attrait pour l’Italie ?

Pour la joie de vivre. La situation sociale est bien pire qu’en France, peu d’aides, mais il n’y a pas ce pessimisme français. Les italiens partent du principe qu’on trouve toujours une solution.

Tu n’étais toujours pas médiateur ?

Non, mes activités professionnelles n’avaient rien à voir avec ça. Pendant mon temps libre j’étais bénévole pour Amnesty International et j’ai quitté l’Italie pour rejoindre leur équipe à Montréal. Je m’occupais d’aider les jeunes à monter leurs campagnes.

A mon retour en France, j’ai travaillé dans une association d’action sociale. Je gérais une équipe d’aides à domicile et j’ai découvert la médiation. J’étais la plaque tournante entre tous les acteurs.

J’ai suivi la formation pour passer mon diplôme de médiateur. Pendant un an mes clients étaient majoritairement des entreprises, je m’occupais des non règlements des factures, non respects des délais, etc.

Puis tu es devenue médiateur pour les enfants ?

Oui. Un projet national a été mis en place en France. 40 médiateurs y ont été déployés au sein des écoles primaires et des collèges.  C’était le poste rêvé pour moi !

Concrètement, de quoi s’agit-il ?

Il s’agit de jouer le rôle de médiateur dans des écoles des quartiers sensibles de la ville de Nice. Mais la mission va plus loin. Je joue le rôle de médiateur entre les parents, et surtout je mets en place des projets visant à apprendre aux élèves à communiquer en cas de conflit.

J’organise également des « ateliers d’éducation à la paix » ou des « goûters philo » ! Sous forme ludique, j’apprends aux élèves le respect des autres, la solidarité, l’égalité fille-garçon. Tout s’organise en collaboration avec les enseignants.

Nous formons des élèves « médiateurs » qui sont référents en cas de conflits. Les collégiens vont les trouver en cas de mésententes.

Il s’agit un projet innovant

Oui et il porte ses fruits. Aujourd’hui les CPE, les maitres ou les élèves viennent me voir en cas de problème. S’agissant d’un projet nouveau en France, il a fallu tout conceptualiser. Je suis, en plus, formatrice pour les médiateurs mais aussi en gestion de conflits en entreprises.

Etre médiateur demande beaucoup d’énergie, entre les enfants qui bougent et les conflits à gérer !

En cela le Yoga t’aide ?

Oui, j’ai découvert le yoga il y a 3 ans. J’avais besoin d’un moment pour moi, de me recentrer, de me reconnecter. Le stress me rendait sensible aux maux de ventre ou à l’exéma. Depuis que je fais du yoga, tout a disparu. Commencer chaque journée par une séance de 10 minutes de yoga  m’a changé la vie.

Le yoga peut-il être une solution anti-stress pour tous ?

J’étais « raide comme un bâton » ! La souplesse vient avec la pratique. On ne recherche pas la performance physique : on cherche à se recentrer sur soi et sur le moment présent. Je fais du yoga deux fois par semaine mais les effets se diffusent tout au long de la semaine ! C’est littéralement un changement de vie qui s’est opéré.

J’ai fait une formation pour enseigner le yoga aux enfants, eux aussi adorent ça !

Encore un nouveau projet !

Oui, j’ai toujours foncé pour faire ce quil me plaisait. J’ai eu plus d’une fois peur : avant de partir à l’étranger par exemple. Mais il ne faut pas laisser la peur gagner.  Je me suis toujours lancée. Je pars du principe que tout est possible, j’ai du mal à concevoir l’impossible. Ma mère était toujours positive et me montrait le verre à moitié plein. C’est une philosophie de vie que j’ai conservée.

Un conseil à donner aux lecteurs ?

Savourer les petits moments de la vie. Ce n’est pas facile. Par exemple, je passe tous les jours devant la mer et il y a des jours où je ne la vois pas. Savoir s’arrêter, se dire qu’on a de la chance pour ce petit cadeau est indispensable.
Dans mes formations, je demande toujours aux participants ce qui les a rendus heureux hier soir. Bien souvent, ils ont du mal à me répondre. Pourtant, que ce soit un bon dessert, un appel d’une amie, un bon film : il y a forcément quelque chose qui peut être valorisé et apprécié !

Un livre à conseiller ?

Le yoga qui soigne de Tara Stiles. Le livre répertorie les pathologies et y associe des postures de yoga.

Une citation ?

Pour en savoir plus sur le livre cité par Pauline, vous retrvouerez le lien ci-dessous. Pour des questions ou pour une proposition d’interview : etsionsouriait@loptimisme.com.

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