Sarah – Faire de la finance verte un des moteurs de la transition écologique

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L’Optimisme est parti à la rencontre de Sarah. A 25 ans, tout juste diplômée, elle est à l’initiative d’un projet de « Finance verte ». Son objectif ? Que les institutions financières s’adaptent aux règles du changement climatiques et financent uniquement des projets viables pour la planète.

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Bonjour Sarah, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Sarah, j’ai 25 ans. Je suis diplômée d’école de commerce avec master II en finance des marchés.

Tu travailles sur un projet de finance verte ? Comment ton idée est-elle née ?

Durant mon enfance, mes parents m’ont transmis un sens fort du devoir pour ce qu’il s’agît d’environnement. A la maison, il fallait toujours éteindre les lumières, ne pas laisser l’eau couler, trier ses déchets etc.

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Je crois que j’ai écrit mon premier exposé sur le développement durable vers l’âge de 12 ou 13 ans. Alors forcément, en grandissant, toutes ces habitudes se sont transformées en souhait de vouloir améliorer les choses. Arrivée à la fin de mes études supérieures, j’ai choisi la finance éthique et responsable comme sujet de mémoire. Je ne me retrouvais pas vraiment dans mon activité professionnelle.
Plus je lisais, plus je me rendais compte que la finance semblait avoir un effet négatif sur l’environnement, les écosystèmes, l’augmentation des inégalités…

Au même moment, Paris signait l’accord de la COP21, et les banques commençaient à s’engager dans la lutte contre le changement climatique. Mon mémoire tout juste terminé, j’ai été contacté par une start-up en cours de création (AiYO). Je ne le savais pas encore, mais c’était le début d’une incroyable aventure. J’ai décidé de ne pas suivre la voie qui m’était destinée (tenter d’obtenir un CDI bien rémunéré dans une tour de la Défense, travailler toute la journée sur plusieurs écrans en regardant les chiffres défiler, conserver le même poste quelques années avant d’avoir la chance d’évoluer…).

Peux-tu nous parler un peu d’AiYo ?

Nous voulons changer la finance de l’intérieur. En discutant avec les deux fondateurs, nous avons réfléchi aux idées qui pouvaient être réellement mises en place.
Petit à petit nous avons commencé à rechercher des partenariats, organiser des groupes de travail, participer à des évènements… L’objectif était de rencontrer un maximum de personnes, de voir comment on pouvait travailler ensemble, et surtout se préparer à créer de nouvelles solutions d’épargnes et de financement, qui pourront avoir un impact sur l’économie réelle.

Nous avons développé un Master II en partenariat avec une université, dans lequel nous pourrons enseigner les bases d’une finance plus éthique (RSE, ISR, droits humains, économie circulaire, blue economy…) en plus d’autres matières 2.0 : codage, cryptomonnaies…
Aujourd’hui nous accompagnons (via une offre de conseil verte) les institutions financières dans leurs projets de transformation.

Nous sommes persuadés qu’en s’y mettant tous, nous pourrons ainsi transmettre les financements nécessaires à tous les entrepreneurs qui souhaitent rendre ce monde meilleur !

Aujourd’hui où en es-tu ? 

Mes prochains objectifs sont de pouvoir structurer des produits financiers éthiques, et proposer de nouvelles solutions d’épargne. J’espère aussi pouvoir participer à la COP23 organisée en Allemagne cet automne, de façon à prolonger mon engagement pour l’environnement.

Quel est la réaction de ton entourage face à ton projet ? Te sens-tu soutenue ?

J’ai la chance d’être entourée et soutenue par mon entourage. Côté travail, tout le monde me soutient dans mes recherches (Petit clin d’œil à mes boss, Karim & Hervé), tentent de m’aider à trouver des solutions, c’est un bonheur de pouvoir développer ce projet ensemble !
Côté personnel, il faut plus de pédagogie pour pouvoir expliquer le lien entre finance et changement climatique, la force de l’impact de la finance sur l’économie, et le fait que plutôt de se méfier des marchés, nous devrions les utiliser comme levier pour financer les solutions.
Une fois cette explication faite, les personnes sensibles à la problématique climat sont en général très enthousiastes.

As-tu un livre préféré à nous conseiller ? 

Je lis beaucoup, donc il s’agît forcément d’un choix difficile ! Disons que s’il fallait choisir un bon classique, je prendrais Le Rouge et le Noir de Stendhal. L’histoire de l’ascension d’un homme intelligent et plein d’ambition. Et puis, pour être un plus contemporain, j’en choisirai deux : L’amour dure 3 ans, pour le style, l’humour, et l’autodérision de la tristesse profonde de l’auteur. Puis, Le Pouvoir du Moment Présent, qui nous prouve que finalement le bonheur est en nous, qu’il suffit de le comprendre pour pouvoir vraiment changer les choses. Ce livre est un peu la réponse aux malheurs des personnages principaux des deux premiers livres cités.

Et un Tedx ? 

Idriss Aberkane – Le CV de la nature

Et je conseille d’ailleurs cette conférence, qui développe beaucoup plus que le TedX, le modèle de la blue economy et du biomimétisme appliqué à l’entreprise.

 Ta citation favorite ?

« Tout homme est tiraillé entre deux besoins. Le besoin de la Pirogue, c’est-à-dire du voyage, de l’arrachement à soi-même, et le besoin de l’Arbre, c’est-à-dire de l’enracinement, de l’identité.

Et tous les hommes errent constamment entre ces deux besoins en cédant tantôt à l’un, tantôt à l’autre, jusqu’au jour où ils comprennent que c’est avec l’Arbre qu’on fabrique la Pirogue. »

Proverbe Mélanésien.

 

Si vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à visiter le site d’Aiyo en cliquant ici !