Sophie Magnillat des Laboratoires Boiron : Le rôle d’un Chief Happiness Officer au sein d’un grand groupe

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Dans un premier article, Sophie MAGNILLAT, Maitresse de maison au sein des Laboratoires Boiron levait le voile sur les profiles des Chief Happiness Officers (CHO). Si dans les petites sociétés le CHO s’occupera de mettre en place des babyfoots, des cours des yoga, des voyages ou des activités sportives, dans des grands groupes, le comité d’entreprise les prend en charge. Alors, quel est le rôle d’un Chief Happiness Officer ?

Sophie, tu es Maitresse de maison, peux-tu nous dire quelle est ta mission ?

Sophie Magnillat Chief Happiness OfficerLa mission définie par Christian Boiron : Que l’entreprise soit chaque jour, à travers les salariés, plus humaine, plus agréable et donc plus efficace.

A quoi sert le CHO dans un grand groupe ?

Le CE agit pour le salarié dans l’entreprise mais surtout à l’extérieur de l’entreprise. La mission du Chief Happiness Officer est de faire en sorte que les gens puissent mieux vivre ensemble à l’intérieur de la société.

Ici, par exemple, nous sommes 1000 personnes sur site. C’est comme si nous étions dans une commune : une mini ville avec ses routes, ses intersections, son restaurant.

Au sein de son service, le manager indique les règles de vie. Mais ce sont 300 services qui doivent vivre ensemble sur les espaces communs.

La Maitresse de maison est la personne qui va faire en sorte que tout le monde vive bien ensemble. Evidemment, cela nécessite quelques règles…

Quelles sont les difficultés au démarrage de la mission ?

Pour ma part, être rattachée au Directeur Général, qui plus est Christian BOIRON, m’a mis une petite pression quand bien même il ne m’en mette pas ! 🙂

Si on vient de l’externe, il faut apprendre l’industrie dans laquelle on travaille. Il m’a fallu comprendre l’homéopathie, comment cela fonctionne, etc…

Ensuite, il faut comprendre comment l’entreprise est articulée ! Les filiales, le siège monde, les fonctions support, la logistique…

Puis, il faut connaître chaque personne qui constitue l’entreprise ! Il faut une bonne mémoire… C’est ce qui prend le plus de temps.

Comment, dans une grande entreprise inculquer la culture de la bienveillance ?

Boiron a gardé la philosophie d’une petite entreprise qui a grandi. Les RH sont très présents et les managers relaient la politique sociale au quotidien.

La fonction de CHO est transversale et s’applique à tous les niveaux. Cela me permet de travailler et d’apprendre à connaître les différents services. Par exemple, je travaille souvent avec notre service informatique, qui a mis en place une démarche service. Il nous aide à répondre à un besoin spécifique en nous proposant les outils adaptés. En ce moment, nous réfléchissons à un nouveau mode de réservation des salles de réunion pour faciliter le travail quotidien des assistantes, par exemple.

Comment se passe la communication ?

A l’oral. Je préfère rencontrer que passer par le mail. Si la personne n’est pas sur site, j’appelle. Nous avons beaucoup d’outils qu’on modernise au fil du temps, en ce moment nous avons un chantier sur l’intranet pour le rendre plus moderne, et pourquoi pas plus collaboratif.

Les Laboratoires Boiron sont présents à l’international, comment fais-tu descendre l’information aux différents pays ?

Les filiales sont comme des « startup » dans une vingtaine de pays. Je m’inspire d’eux car dans les filiales, la culture Boiron et la convivialité s’exprime encore mieux !

De mon côté, j’essaie de leur dire ce qu’il se passe au siège pour leur apporter l’information groupe.

A terme j’aimerais créer un réseau maitresse de maison international, sans que ce soit forcément un poste, un DRH ou n’importe qui d’habité par la thématique pourrait porter être le relai sur son site.

On aborde régulièrement la question des indicateurs au sein du Club des CHO…

Pas besoin ! Ca se voit ! Ca se sent ! On sait quand les gens vont bien ou non. Et c’est tellement plus agréable de travailler avec bonne humeur et le sourire…

Par exemple, ici tout le monde dit bonjour spontanément. Au resto d’entreprise les gens rigolent, il y a une vraie énergie positive (on réfléchit même à une redéfinition de l’espace pour le bruit !).

Et les qualités essentielles pour être Chief Happiness Officer ?

En vrac :

  • Spontanéité
  • Adaptabilité
  • Flexibilité
  • Sourire
  • Polyvalence
  • Ecoute

C’est avant tout une histoire de personnalité.

Peut-il y avoir une dérive de ce métier ?

Il ne faut pas créer un poste de CHO pour suivre la tendance. Cela doit être le reflet de la politique sociale de l’entreprise et elle doit être portée par la direction générale ou par la DRH en fonction de l’entreprise.

Si il n’y a pas de profile type des CHO, il faut avant tout aimer l’autre et travailler avec le cœur…

Pour moi on est là pour le bonheur, pas pour le plaisir instantané et il y a une différence entre mettre en place un baby foot en le criant dans tous les médias ou créer un projet de société, dans l’ombre qui rende les salariés heureux. Pour moi, ma mission est accomplie quand j’ai agi et que le salarié ne s’en n’est pas rendu compte…

MERCI MERCI MERCI MERCI Sophie !