Cendrine Genty : « Mon but ? Faire rayonner les autres et les mettre en lumière ! »

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Cette semaine, notre envoyée très spéciale Elise est partie à la rencontre de Cendrine Genty, auteur du livre « Le jour où j’ai choisi ma nouvelle vie, en quête de sens, en quête de soi. » – qui sortira le 19 octobre 2017 prochain aux Editions Le Passeur – mais aussi chef d’entreprise. Elle nous parle d’elle, de son parcours et des ses valeurs. Un témoignage touchant, humaniste et fraternel. 

Cendrine : en quelques mots, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Mon parcours = une réalisation ré-ajustée en permanence au fil de ma vie et de mes envies ! Pour le meilleur et pour le pire 😉

20 ans plus tard, je constate que le choix de mes études correspond au fil rouge de mon parcours professionnel : deug Arts du Spectacle, Licence Information-Communication et DESS Journalisme Scientifique et Technique.

J’ai été 13 ans durant Journaliste puis Rédactrice en Chef et enfin Productrice d’Emissions de Télévision (“Pékin Express”, “Le Dîner presque parfait”, “Nouveau Look pour Nouvelle Vie”, “Business Angel, 60 jours pour monter ma boîte…), avec en parallèle des expériences de comédienne dont un des rôles principaux dans le long métrage “Les Eléphants” d’Emmanuel Saada, sélectionné au festival de Palm Springs et classé Arts&Essais. Avant de me lancer dans l’entrepreneuriat et de créer un concept digital et événementiel “L se réalisent”, d’écrire un premier livre “Le jour où j’ai choisi ma nouvelle vie, en quête de sens, en quête de soi”, Le Passeur Editeur qui sortira le 19 octobre 2017 et de me voir poursuivre le fil de ma vie professionnelle comme Conférencière (spécialisée dans la prise de risque, l’audace et le dépassement de soi), Journaliste-Animatrice de séminaires, d’événements et de conventions et Experte en storytelling, prise de parole en public et média training.

Et chacune de ces expériences suit le fil rouge non seulement de mes envies mais aussi de mes besoins, de mes contraintes et de mes rêves tout au long de l’évolution de ma vie personnelle..

Quels conseils donnerais-tu aux personnes en reconversion ?

  • De parler, rencontrer, échanger, écouter, lire, se renseigner sur tout ce qui permet d’en savoir plus sur le changement de vie professionnelle “dans la vraie vie”. La théorie, c’est bien, c’est nécessaire, mais avoir des retours quant à la mise en pratique, c’est vital.
  • Ne pas rester seul(e). Chercher auprès des personnes qui ont changé de vie pro par qui elles se sont faites accompagnées. Ne pas hésiter à appeler et rencontrer plusieurs professionnels de la reconversion pour faire son choix. De nature différente : organismes de formation, agences de reconversion, coachs, chambres de commerces…
  • Garder en tête qu’une phase de transition est incontournable et qu’elle fait partie intégrante du process. Et ne pas se trouver nulle parce que 6 mois après on n’a pas encore sa nouvelle vie professionnelle. Cette phase est incontournable pour en apprendre plus sur soi-même et identifier ses besoins et ses envies. Cela nécessite du temps, coûte de l’argent et demande (beaucoup) d’énergie.
  • Faire le point avec soi-même (en s’affranchissant de l’opinion des autres), de ce que l’on se sent capable de faire (et de sacrifier) pour répondre à ses besoins et réaliser ses envies.
  • Se montrer totalement honnête avec soi-même
  • Faire confiance en toute priorité à son instinct

Tu as créé une entreprise / fondation, peux-tu nous expliquer sa mission ? Quelles sont tes aspirations a travers cette création ?

Pour transformer mon projet “L se réalisent” en ma nouvelle vie pro, j’ai créé une entreprise il y a 2 ans, entreprise que j’ai liquidé 18 mois après car ce n’était pas la bonne structure, ni pour mon projet, ni pour moi. J’ai donc maintenant deux entreprises spécifiques, l’une qui est un fonds de dotation composé de 5 autres co-fondateurs. Ce fonds est la structure qui soutient mon concept L se réalisent, un programme digital et événementiel destiné à orienter, transmettre, partager et inspirer les femmes en quête de sens et de nouvelle vie professionnelle. Et mettre en lumière celles et ceux qui peuvent leur apporter les clés pour réussir leur projet de vie.
Et j’ai créé une seconde entreprise destinée à ma propre nouvelle vie d’auteur-conférencière et de journaliste-animatrice d’événements, conventions et séminaires.

Quels conseils donnerais-tu à ceux qui veulent se lancer dans un projet entrepreneurial ?

  • Chercher les projets semblables aux siens et entrer en contact avec les personnes les portants. Savoir combien de temps cela leur a pris pour re-gagner leurs vies, savoir quels écueils éviter, quels obstacles seront inévitables… et trouver de l’aide pour les parties que l’on maîtrise le moins.
  • Ecouter les conseils des professionnels, chercher à comprendre chaque répercussion possible de leurs conseils, mais surtout, écouter (et suivre) son instinct. Ne pas prendre tous les conseils pour argent comptant. Se faire avant tout confiance même si on part du principe “que l’on débute dans l’entrepreneuriat” et que l’on n’y connaît rien.
  • Jongler avec cette dualité de questionner sans arrêt et de prendre conseil tout en se faisant sa propre opinion et en restant seul maître de ses choix !

Comment concilier cette fameuse quête de sens dont tu parles dans ton livre et les contraintes familiales, alimentaires ou autres qui parfois nous empêchent de nous lancer ?

Je crois que chaque personne détient ses propres recettes pour cela. Et surtout, son propre curseur de ce qu’elle peut (veut) accepter ou non.

Quand tu plonges dans cette quête de sens et de réalisation, tu pars à ta propre rencontre. C’est un véritable voyage composé de merveilleuse rencontres et découvertes, mais aussi de claques, de déceptions, d’épreuves et d‘obstacles à surmonter et dépasser. C’est comme de partir pour un très grand et long treak, mais à l’intérieur de soi.

C’est à la fois redoutable et fascinant. Et il n’y a qu’en expérimentant soi-même ce “voyage” que l’on obtenir ses propres réponses.

Après, cela me semble normal d’avoir des doutes et des peurs (des angoisses et des sueurs froides même souvent) face aux contraintes du quotidien qui peuvent nous entraver, car c’est la réalité. Elles existent pour de vrai. Là encore, c’est une question de choix et de curseur. Quelle est ma situation ? Est-ce-que je peux poursuivre en acceptant d’accentuer certains sacrifices ou est-ce-que je ne peux plus. Et pourquoi je ne peux plus ?

A un moment, j’ai cru que j’allais tout perdre car les conséquences de mon changement de vie ont eu des répercussions dans chaque domaine de ma vie : financier, amoureux, social, amical, familial. Quand personne ne voit où tu vas et pas même toi malgré tous tes efforts, c’est violent. C’est là ou chaque personne se retrouve alors seule face à elle-même, face à ses réactions. Face à ses choix. Elle est en grande partie là la fameuse “solitude” du dirigeant, de l’entrepreneur et, à mon sens, de chaque personne s’étant mise sciemment en danger en sortant du cadre.

Comment as-tu construit cette liberté intérieure qui t’a permis de te dégager des contraintes et des influences extérieures ?

Je crois que cela provient d’une double alliance, celle de ma personnalité (petite quand je disais “un jour je travaillerai en télé” et qu’on me répondait « impossible, ce n’est pas pour toi ce n’est pas ton milieu”  :j’avais beau n’avoir que 6 ans je répondais dans ma tête “oh que si je le ferai !”.

Et puis à ma personnalité se sont ajoutées les claques reçues dès l’adolescence notamment dans mes activités sportives (ex-sportive de haut niveau en danse). Face à la dureté d’un univers, ou bien on fait le choix d’arrêter les frais, ou bien on serre les dents, on ravale sa peine et on met son égo malmené au service des ses rêves et de ses objectifs. On le transforme en moteur.

Ce sont les premiers pas pour apprendre à s’affranchir du regard et de l’opinion des autres. C’est aussi ce qui apprend à “muscler son mental” pour, plus tard, ne pas craquer et tenir bon. Et se relever même après être tombé. Plus on l’expérimente tôt, plus on est “armé” par la suite.

Un troisième élément inattendu s’est greffé à cela durant ces dernières années, le fait de voir mon bébé grandir, ramper, se dresser, tomber, apprendre à marcher, re-tomber, se relever… me faisait voir au jour le jour combien tout cela était finalement normal.

Découverte, expérimentation, ratages = apprentissage. Et si je lui disais “allez mon p’tit bout, relève-toi, tout va bien, c’est normal de tomber tu apprends, recommence, regarde, tu peux le faire, tu l’as fait !”, je me devais de le faire moi aussi. Regarder au jour le jour mon bébé grandir et tout apprendre des bases de la vie m’a rappelé (et me rappelle) constamment les fondamentaux.

Peux-tu nous parler du rôle de l’intuition dans ton parcours ?

Le rôle de l’intuition est à mon sens fondamentale. C’est grâce à elle que j’ai pu pendant 36 ans réussir chacun de mes nouveaux défis, réaliser mes rêves et mes envies, par-delà les doutes et les difficultés. Et c’est parce que je l’ai soudain mise de côté (sans m’en rendre compte) lors de mon plongeon dans l’entrepreneuriat que j’ai failli totalement échouer. Et surtout, totalement me perdre.

J’ai mis beaucoup de temps à réaliser que je préférais “croire de parfaits inconnus plutôt que mon instinct sous prétexte que j’avais tout à apprendre dans ce nouvel univers. Apprendre les codes et les règles d’un domaine est une chose (et il le faut !), s’oublier en ne se considérant soi-même pas légitime pour choisir et pour décider est très dangereux. C’est se renier soi-même. Et dès lors, on ouvre grand la porte aux personnes malveillantes ou inconscientes de nos besoins. Donc écouter sa petite voix intérieure est absolument vitale.

D’après toi, comment mesurer la réussite d’un projet ? (Que faire quand tu es congruente avec toi-même mais que les résultats financiers ne suivent pas) ?

Tout dépend de tes objectifs et besoins. Pendant deux ans, j’ai été très fâchée contre moi et je me suis totalement dévalorisée à mes propres yeux. J’avais créé une communauté, lancé une marque, créé des événements qui ont réuni en 18 mois plus de 2 400 femmes et permis à de nombreux partenaires de trouver des clientes mais je n’avais pas réussi à me rémunérer pour tout ce travail effectué.

Je me trouvais nulle et résultat, je me considérais chaque jour passant comme de moins en moins légitime en tant qu’entrepreneur puisque je ne gagnais pas ma vie.

Et puis du jour au lendemain, j’ai inversé (grâce à l’écriture de mon livre) mon regard sur moi-même. J’ai considéré avec plaisir ce que j’avais su faire et concevoir et j’ai regardé les conseils que j’avais suivi au pied de la lettre. J’ai alors défait tout ce qui m’avait toujours posé instinctivement problème avec une distance nouvelle qui m’a permis de comprendre ce que je devais corriger. Et j’ai choisi de fermer ce qui ne fonctionnait pas. Ma première entreprise et l’association. Ca fait mal et pourtant, ça fait du bien ! Et cela nous a sauvé mon projet et moi.

J’ai alors re-découpé les objectifs en deux : ceux de mon projet. Et les miens ! Et de là, les choses se sont mises en place ! Et c’est un cercle cette fois vertueux et positif qui s’est mis en place. J’ai re-trouvé la force de dire “Non” à des conseils que je ne sentais pas et osé prendre MES décision. J’ai alors vu mon estime remonter petit à petit à la surface et ma confiance en moi revenir. Et les commandes ont commencé à (enfin !) arriver !

Toi qui as rencontré beaucoup d’entreprises dans le cadre de “L se réalisent”, quelles sont les postures de dirigeantes qui t’ont impressionnées et pourquoi ?

Celles qui sont parvenues à réaliser leurs aspirations et atteindre les fonctions qu’elles souhaitaient, dirigeantes salariées ou chefs d’entreprise sans se transformer pour autant.

Les femmes qui ont su combiner leurs compétences et leurs appétences pour évoluer, prendre des risques tout en restant humaines, et donc parfois vulnérables, m’inspirent.
J’ai eu la chance d’échanger avec nombre de ces femmes à l’occasion de mes Journées Solidaires “Femmes, L se réalisent” portées par Le Fonds de Dotation et quelle chance !

Non seulement elles existent pour de vrai mais elles oeuvrent qui plus est avec beaucoup d’audace, de courage et de ténacité pour faire bouger les lignes. Et faire évoluer la société.
Ce sont elles qui parviennent à me faire rêver ! C’est pour cela qu’il m’a semblé vital de les mettre en lumière ! Elles inspirent et fédèrent, c’est important de les connaître et de les faire rayonner, elles et leurs actions.

Si je te dis travail et bonheur, que penses tu ? Que penses tu de l’émergence forte de la notion de bonheur au travail et des fonctions afférentes comme celles de Chief Happiness Officer ?

Que c’est un sujet bien vaste car il associe plein de choses différentes. Chacun a sa propre définition de “son bonheur au travail”, le point commun étant en général de se sentir à sa place, reconnu pour son investissement et son apport, et de fait, utile et respecté.
Etre bien dans ses baskets au travail est l’un des meilleurs booster de confiance en soi et de moral au quotidien ! Maintenant, c’est compliqué. Les paramètres sont nombreux pour concilier bonheur et travail.

On peut ne plus aimer son travail, le quitter et être malheureux tant que l’on n’a pas retrouvé une activité nous re-donnant envie. On peut aimer son travail mais être extrêmement malheureux au sein de son entreprise. Parce qu’une seule personne peut transformer votre vie en cauchemar au sein d’une société. On peut se sentir plutôt bien dans son entreprise mais ne plus trouver goût à son travail. Et puis il y a cette obsession des entreprises pour le présentéisme à outrance qui peut transformer le quotidien en cauchemar et rendre profondément malheureux quand bien même on aime son travail.
J’imagine que tous ces paramètres et d’autres encore ont entraîné et favorisé l’émergence de cette notion de bonheur au travail et de chieff hapiness officer. Après, il me semble que ces notions ont été (trop) utilisées à tout va et malheureusement galvaudées. Et qu’actuellement chacun colle à sa vision personnelle sa définition du “bonheur au travail” et sa représentation de ce qu’est un chieff hapyness.
Le côté positif de tout cela est qu’il y a plein de belles choses à faire et mettre en place !

En deux mots, comment définirais tu l’optimisme et le bonheur ?

L’optimisme, regarder la face malheureuse d’une situation ou d’un état et soudain, se rappeler qu’il y a une autre face à tout et chercher ce qui peut en ressortir de bon et de motivant. Pour impulser une nouvelle action et de fait, une nouvelle dynamique.
Le bonheur, se sentir bien dans ses baskettes. Centré(e) et bien axé(e). Raccord avec soi et ses aspirations.

Enfin, quelles sont tes sources d’inspiration ? Aurais tu des livres, conférences, films a nous recommander ?

Les conférences TedX ! Quelle incroyable puissance fédératrice et inspirante !

Et ensuite de lire ou regarder ce qui nous donne envie, et surtout, ce qui nous fait du bien ! Que ce soit du développement personnel, de la philosophie, de l’art, des guides et des méthodes ou bien des polars et des romans. Se remplir de ce qui nous porte et transporte est vital et très personnel.

J’adore de mon côté les récits d’aventures et de dépassement de soi. Le film produit par Reese Witherspoon “Wild” m’a fait un bien fou à un moment où je me sentais au fond du gouffre. Il m’a fait prendre conscience du parallèle entre la situation du personnage et la mienne, elle en pleine nature, moi, à l’intérieur de ma tête et de mes pensées.

Dans un autre genre, j’ai aimé le livre “Comme par magie, vivre sa créativité sans la craindre” de Elisabeth Gilbert et j’ai également découvert la collection “Bouillon de poulet” ! Bouillon de poulet pour l’âme, pour les femmes, pour l’âme au travail… Alors ça, ces petites histoires vraies m’ont fait rire, pleurer, croire, espérer, vouloir…! De vraies petites bulles colorées de sentiments et d’émotions, porteuses d’espoir.
Et dans un tout autre genre, pour décompresser, rire et souffler, je suis fan des vidéos de Camille & Justine !
Et bien sûr, de s’abonner à la page facebook d’Inspiration, de Partage et d’Informations de L se réalisent.

Pour conclure, quel conseil aimerais-tu donner à nos lecteurs ?

Croire en soi ! Et se respecter. Click To Tweet