Jérôme : l’optimisme comme antidote depuis l’adolescence

Cette semaine, nous interrogeons Jérôme, un de nos lecteurs. Il nous suit depuis le début de l’aventure. Sa bonhomie et sa joie de vivre sont frappantes. C’est ce qui nous a motivés à faire son portrait. Cette bonne humeur a une raison d’être. A l’âge de 16 ans, Jérôme est hospitalisé d’urgence pour une tumeur au cerveau. Ce trentenaire s’est entièrement rétabli et a fait de l’optimisme une arme contre les épreuves de la vie. Il nous parle d’optimisme, en toute simplicité.

Jérôme, peux-tu nous raconter ce que tu as dû affronter à l’âge de 16 ans ?

Je vivais une adolescence tranquille et insouciante. Mon seul problème était de savoir comment j’allais apprendre ma leçon d’allemand. J’ai brusquement découvert l’univers hospitalier avec toute l’incertitude qu’il recouvre.

Je n’ai pas réalisé la gravité de ce que j’avais. Je pensais qu’il s’agissait simplement d’une grosse gastro. J’ai demandé innocemment au médecin si j’allais reprendre l’école dans trois mois. Je m’attendais à ce qu’il me dise : « c’est bon gamin, après demain tu es sur pied. » Je n’ai pas tout à fait entendu les mots que j’espérais…

J’ai été opéré d’une tumeur au cerveau en urgence. L’opération était extrêmement risquée. A mon réveil, ma première réaction a été de demander qui avait été élue Miss France le soir même. Après l’opération, j’ai fait une nouvelle hémorragie cérébrale car je suis sorti trop tôt pour fêter Noël en famille. Je suis resté plusieurs jours dans le coma.  

Durant mon séjour, j’ai côtoyé des jeunes de mon âge pour qui l’avenir était plutôt sombre.

Sur mon lit d’hôpital, à aucun moment je n’ai eu peur. J’étais persuadé que tout allait revenir à la normale. Je n’avais aucun doute. Cela a été une force pour mon rétablissement.

Comment cette expérience a forgé ton caractère et a transformé ta vision de la vie ?

Je ne suis pas un grand pessimiste à la base. C’est sûr qu’ayant traversé cette épreuve, je ne peux plus me plaindre ou me laisser abattre par des futilités. Évidemment, il m’arrive encore de râler lorsque le RER est en retard. Quelques secondes après, c’est totalement oublié car je réalise l’inutilité d’une telle complainte.

Depuis cette expérience, je me dis que tout ce que je vis c’est du bonus. J’aurais pu ne jamais le vivre ou le vivre dans des conditions bien plus terribles.

Après mon opération, le mot « relativiser » a pris tout son sens. Nous avons cette tendance, en tant qu’être humain, à ne retenir que le négatif et à dramatiser. Je prends beaucoup de choses avec le sourire. Rien ne me semble vraiment grave. Même lorsque j’ai perdu mon travail et me suis retrouvé au chômage, j’ai su qu’il y aurait des jours meilleurs. Je ne me suis pas trompé. J’ai retrouvé un autre emploi – dans le secteur de la banque – dans lequel je me suis entièrement épanoui.  

Qu’est-ce que l’optimisme pour toi ?

C’est ma devise. A mon sens, le pessimisme ne sert à rien. Aborder une situation avec optimisme donne plus de chances de la surmonter et permet de dédramatiser les pépins de l’existence.

Même si demain on t’annonce la fin du monde, pourquoi la vivre dans l’angoisse ? Célébrons ce qu’il y a ici et maintenant.

Pour moi, l’optimisme c’est quasiment un mode de vie. Je ne m’entoure que de gens qui partagent cette valeur. J’essaie de m’éloigner des personnes qui sont des « éternels pessimistes. » J’ai renoncé à essayer de les convaincre de changer leur attitude. Je trouve qu’il est plus facile de vivre avec cette vision des choses car elle nous permet de trouver une solution à chaque problème.

Des fois, on me reproche d’être trop optimiste. On me dit que je ne me rends pas compte de la réalité des choses. Je dirais qu’au contraire, être optimiste c’est se rendre compte de la vie telle qu’elle est et de l’aborder consciemment sous un angle positif pour pouvoir l’affronter.

Si demain je me retrouve sur une île déserte et que je dois survivre, j’aurais plus de chances de m’en sortir si j’aborde cette situation de façon positive même si au demeurant les faits sont désespérants.

Qu’est-ce qui te rend heureux ?

Plein de choses. Pas forcément des choses folles. Le fait que mon chien me fasse la fête le soir quand je rentre, ça me rend heureux; partager un repas avec ma meilleure amie; me lever le matin et aller travailler pour retrouver des collègues que j’apprécie; un moment en famille; déguster un bon verre de vin…

Une citation que tu aimerais partager à tous les lecteurs ?

« Il en faut peu pour être heureux. Vraiment très peu. » (Le livre de la Jungle)

Eh oui, je suis resté un grand enfant. D’ailleurs mon antidote anti vieillesse – cela ne vous surprendra guère – c’est l’optimisme.

Jérôme est persuadé qu’il doit aussi son rétablissement au support de sa famille et à la bienveillance de l’équipe médicale qui l’a soutenu. Un témoignage qui nous rappelle que le milieu médical regorge de gens profondément humains. A ce sujet, vous pouvez retrouver le témoignage de Sébastien, un ambulancier passionné par son métier.

Merci Jérome pour cette belle dose d’optimisme ! Pour nous proposer des idées de portraits ou d’articles : etsionsouriait@loptimisme.com

Propos recueillis par Eva Mazur (www.evamazur.com)