Laurent Gounelle : parcours d’une vie

Laurent Gounelle, expert en développement personnel et auteur à succès, nous partage son parcours de vie. Remise en question, dépression, chômage… , après de nombreuses recherches sur le sens de son existence, c’est vers la littérature et la philosophie qu’il s’est tourné. Son dernier roman : “Je te promets la liberté”. Rencontre. Article 1/3.

 

 

Laurent Gounelle, de nombreuses personnes vous connaissent déjà
mais pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? 

Souvent, nous avons l’habitude de nous présenter par notre travail. Je pourrais
donc dire que je suis écrivain. Mais je ne me limite pas à cette description : j’existe indépendamment de mes actions, et même de ce que je suis aux yeux des autres… Par exemple, je suis aussi un papa, un mari… Mais là encore, cela ne suffit pas à me définir. Finalement, la réponse la plus juste à votre question serait « je suis ». Certes, cette phrase est prêtée à Dieu dans la Bible, et je ne ne me prends pas pour Dieu ! Non, pas du tout ! Même si chacun de nous contient une part de divinité… Nous ne sommes pas seulement des êtres qui s’agitent dans tous les sens pour réaliser des projets.

Pouvez-vous rapidement retracer votre parcours ?

J’ai suivi des études de sciences-économiques et financières. À 23 ans, je me suis retrouvé jeune cadre au sein de la direction financière d’une grande entreprise. Au bout de quelques semaines, je ne me sentais déjà plus à ma place. Je m’étais fourvoyé dans une voie qui n’était pas la mienne. Ont suivi le licenciement, le chômage et la dépression.

Le début pour vous d’une remise en question totale de votre vie…

Oui, lors de ma dépression, je remettais de nombreux prismes de ma vie en question, même les loisirs. Je me suis posé de nombreuses questions. Notamment, l’une des plus compliquées que l’on puisse se poser : que vais-je faire de ma vie ? Je me suis ainsi penché sur le sens de mon existence.

Je voulais vivre le temps et non le passer. Les crises permettent finalement de passer par des transitions. Cette crise, notamment, m’a appris à me désidentifier de ce que je n’étais pas. Au tout début, j’étais très fier de mon parcours et de mon emploi. Et quand je me suis rendu compte que mes choix avaient été mauvais, je n’arrivais pas à rentrer en contact avec mon cœur pour savoir ce que je voulais d’autre.

Vous avez tout perdu pour vous retrouver…

Oui, quand j’ai perdu mon métier, la reconnaissance qu’il m’apportait, la position sociale et même l’argent qu’il me fournissait, j’ai ressenti que mes amis m’aimaient encore. Je n’avais donc pas besoin de réussir ni même de réaliser quoi que ce fût pour être aimé.

Il m’a fallu passer par cette crise existentielle qui a duré deux ans, tout perdre,
pour comprendre que j’existais encore. Alors un sentiment de liberté a émergé en moi, j’ai appris à écouter mon cœur, tout simplement, et j’ai senti en moi un appel pour la transmission, le partage. Je suis partis aux États-Unis pour suivre de nombreuses formations en sciences humaines pour devenir consultant-formateur et je me suis lancé dans ce métier que j’ai exercé avec passion pendant une décennie.

Dix ans plus tard, j’ai ressenti l’envie d’écrire pour partager avec le grand public tous les enseignements dont j’avais pu bénéficier et qui avaient changé ma vie. Mais je procrastinais de mois en mois, d’année en année. Mais en 2006, j’ai perdu mon père et dans la foulée mon meilleur ami, alors que ma première fille venait au monde au même moment. J’ai pris conscience que j’étais moi aussi mortel et que je ne pouvais pas reporter éternellement ce qui me tenait à cœur. C’est alors que j’ai pris la plume.

À quel moment exactement avez-vous senti que vous aviez rejoint le
bon chemin, celui qui était le vôtre ?

Apres avoir tout perdu. Et surtout, après avoir lâché prise sur mon image. À partir du moment où j’ai écouté mon cœur, les choses sont ensuite devenues si simples. Avant, je luttais pour faire les choses. Dès lors que j’ai rejoint ma mission, j’ai ressenti un alignement en moi. Ce que je faisais correspondait à qui j’étais.

Vous aviez une mission de vie à porter…

Je considère que chacun de nous a une mission. Je pense surtout que la plupart des gens ignorent leurs talents, ou alors les minimisent, alors qu’ils vont pourtant de pair avec la mission qui est la leur. Découvrir ses talents, connaître ses envies véritables, ses aspirations profondes, demande du travail mais ça en vaut la peine : il s’agit d’abord de se reconnecter à soi dans un monde qui tend à happer notre attention à l’extérieur de nous-même, pour entrer en introspection. La méditation peut être un bon moyen d’y parvenir.

Dans l’Homme qui voulait être heureux vous dites « si vous ne renoncez à rien, vous vous abstenez de choisir. Et quand on s’abstient de choisir on s’abstient de vivre la vie que l’on voudrait ». Avez-vous la sensation d’avoir dû renoncer à des choses pour en arriver là ?

Oui bien sûr ! En fait, il est assez facile d’obtenir ce que l’on veut dans la vie. Notre problème en général, c’est que nous voulons plusieurs choses en même temps, et bien souvent ces choses sont incompatibles entre elles. Donc cela aboutit forcément à une impasse.

En prenant la plume, j’avais un objectif, un seul, avec lequel j’étais parfaitement aligné. Ce que je voulais était simple : transmettre un certain nombre de choses utiles aux lecteurs. Mais pour m’adressser au plus grand nombre, j’ai dû sciemment renoncer à une certaine forme de reconnaissance du milieu journalistique ou littéraire que j’aurais pû obtenir si j’avais un adopté un style moins vulgarisateur pour m’adresser à une élite. C’était un choix, et dans la vie tous les choix ont un prix.

Dans tous les domaines, il faut se poser cette question : de quoi ai-je vraiment envie et à quoi suis-je prêt à renoncer pour l’obtenir ?

Merci Laurent Gounelle pour ces belles confidences ! Dans un prochain article, il nous partagera ses conseils sur l’éducation, la connaissance de soi et pleins d’autres sujets intéressants.

Laurent Gounelle nous fera l’honneur de sa présence durant notre événement, le Vision Summit (le 22 mars 2019). Pour en savoir plus, c’est par ici : http://vision-summit.eu/