Les précieux conseils de Laurent Gounelle

Laurent Gounelle, expert en développement personnel et auteur de nombreux best-sellers, nous partage sa vision du succès, de l’accomplissement de soi au travail et de l’éducation. Son dernier roman : “Je te promets la liberté”. Rencontre. Article 2/3. 

Laurent Gounelle, comment faites-vous pour rester aussi authentique malgré votre succès ?

Pour être parfaitement honnête, je crois que c’est plus par peur que par sagesse que j’ai gardé la tête froide. Je connaissais le risque de se perdre en s’identifiant au succès. Du coup, et cela peut paraître vraiment étrange : je n’ai jamais vraiment ressenti la joie de ce succès littéraire. 

Comme si une sorte de protection m’empêchait de m’en réjouir. Et pourtant, je suis quelqu’un de très sensible. Bien sûr, je suis content de la large diffusion de mes livres et de l’engouement de mes lecteurs. N’ayant pas peur de perdre le succès, je continue d’avancer en écoutant mon cœur, ce que j’ai envie de faire, et non ce qui serait susceptible de préserver le succès.

Comment parvenez-vous à rester centré et aligné sur votre chemin malgré les épreuves de la vie ?

Il m’arrive d’être décentré. Je suis même quelqu’un d’assez fragile et très peu résistant au stress. Si je croise quelqu’un qui s’attaque à moi, il va facilement me déstabiliser. Mais je peux me recentrer aisément. Mon moyen qui reste le plus efficace pour me retrouver : marcher dans la nature.

La nature me permet de me reconnecter à moi-même et à mes valeurs.

Quels conseils donneriez-vous à des personnes qui ne se sentent pas en phase avec leur milieu professionnel ?

Avant tout, se poser sincèrement la question : suis-je heureux là où je suis ?

Si ça n’est pas le cas, il faut avoir le courage de changer. À l’inverse, il ne faut pas non plus changer trop souvent, ni sans y avoir mûrement réfléchi. La génération Z porte bien son nom de génération « zapping ». C’est une génération où l’on a tendance à vouloir changer à la première contrariété. Dans tout métier, la part de corvées et de moments moins drôles ont leur place. Dans le mien aussi. Il y a forcément des moments moins passionnants et il faut savoir les accepter.

Par exemple, quand j’écris un livre, il y a toujours une phase sur laquelle je m’arrache les cheveux : l’élaboration du plan du roman. En revanche, nous ne pouvons accepter les côtés difficiles de notre métier que s’il a du sens pour nous.

Un métier qui a du sens, c’est un métier qui permet d’exprimer nos valeurs, nos talents et, en fin de compte, qui nous sommes.

Vous êtes papa, quels conseils donneriez-vous aux parents afin d’intégrer au mieux la connaissance de soi dans l’éducation ?

Les deux piliers en sont pour moi l’amour et le cadre. Amour inconditionnel : que l’enfant sente qu’on l’aime pour lui et pas seulement pour ce qu’il fait ou réussit. Le cadre, c’est lui offrir des règles de vie dans un environnement structuré. Les règles sont rassurantes pour l’enfant, elles l’aident à se construire, même si, plus tard, il s’en affranchira en partie pour se créer ses propres règles.

Les règles sans l’amour ne fonctionnent pas. Les gens de ma génération en ont souvent fait les frais. L’amour sans les règles donne de futurs adultes affirmés mais qui manquent de courage et ne vont pas au bout de leurs projets.

Et en ce qui concerne l’école ?

Il me semble essentiel d’expliquer à l’enfant (et le lui répéter souvent) qu’il travaille pour lui, et non pas pour les professeurs ni les parents. Son travail ne doit pas être vu comme une corvée. L’enseignement scolaire n’est pas parfait et ne le sera jamais mais il est là pour l’enfant, pour faire de lui un adulte intelligent, cultivé et libre. L’enfant doit le comprendre pour apprendre à en tirer profit et ne pas se rebeller dès qu’il n’apprécie pas une approche pédagogique.

Vous portez également une attention toute particulière à la relation au corps…

Oui tout à fait, apprendre à écouter et respecter son corps me semble également primordial pour un enfant. Par exemple, certaines phrases très banales me posent problème : « Finis ton assiette » ou « Fais un bisou à la dame ».

Si l’enfant n’a plus faim, le pousser à continuer de manger lui enseigne comment ne pas écouter son corps. De même, un bisou est un acte intime qui doit être le fruit d’un élan du cœur et non d’une demande extérieure : l’enfant n’a pas à se forcer, il doit choisir ou non le contact physique. Cela le protégera de bien des choses dans sa vie…

Et pour finir, il faut encourager les enfants à accepter leurs différences et éviter à tout prix la comparaison, qui est une attitude qui rend malheureux toute la vie : leur expliquer que nous avons tous des qualités différentes, que les forces de chacun d’entre nous ne sont pas positionnées pareil et que la comparaison ne sert donc à rien.

Ce qui compte, c’est se connaître pour s’appuyer sur nos talents, améliorer ce qui peut l’être, afin de pouvoir réaliser ce qui nous tient à coeur dans la vie !

Merci Laurent Gounelle pour vos conseils précieux. Il nous a fait le plaisir d’intervenir sur scène lors de notre événement le Vision Summit.