La Mad Jacques : la course en stop pour vivre l’aventure près de chez soi

Cette année, l’équipe de L’Optimisme teste la Mad Jacques ! Faire du stop, cela peut en effrayer plus d’un. Une bonne occasion pour toi de sortir de ta zone de confort ! Parce que la Mad Jacques, c’est plus qu’une course en stop, c’est aussi, des concerts, des conférences, du théâtre, des jeux : un vrai festival ! Rencontre avec Maëlle, la co-organisatrice, qui nous raconte comment l’auto-stop a changé sa vision sur le monde.

Bonjour Maëlle, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Avant de travailler pour la Mad Jacques, j’ai évolué dans le domaine du développement durable, notamment dans les déchets chez SUEZ, à la Direction de l’Innovation. Cette activité me plaisait beaucoup mais je ne me voyais pas rester à long terme dans cette entreprise. En parallèle, j’avais déjà rejoint l’équipe de la Mad Jacques juste après la première édition en tant que bénévole. Je travaille désormais à plein temps avec Vincent, le fondateur de cette course, depuis maintenant un an.

Comment est venue cette idée folle de créer une course en stop ?

Vincent a eu l’idée en premier. Il avait déjà organisé des courses en stop dans son école à Science Po. Il faut dire qu’il a déjà beaucoup de kilomètres en stop à son actif ! Nous trouvions que l’auto-stop était un bon moyen de favoriser les rencontres, d’autant qu’il s’agit de rencontres fortuites que tu n’attends pas, chose rare dans notre quotidien. Convaincus de l’apport de ces rencontres, nous voulions faire vivre l’expérience aux autres.

Concrètement, comment cela se passe t-il?

La course se déroule par binôme. Un départ est organisé le samedi matin dans plusieurs grandes villes (Paris, Lille, Nantes,…) direction un petit village perdu dans la Creuse qui se nomme Chéniers (500 habitants). Le principe est d’arriver le plus vite possible dans ce petit village. Des défis plutôt drôles attendent les participants pour pimenter la course ainsi qu’un festival. Cette année, Matthieu Tordeur nous fera l’honneur de sa présence !

Pourquoi le village de Chéniers ?

Pour la première édition de la Mad Jacques, le nom de la destination n’a été dévoilé que le matin même de la course. Nous aimions le principe de la destination inconnue. Cependant en très peu de temps, nous avons noué des liens avec les habitants (les restaurateurs, les brasseurs,…). Le Maire de Chéniers nous a beaucoup aidé dans l’organisation et c’est naturellement que nous y sommes retournés. Plutôt que d’aller dans une grande ville connue, nous avons choisi un lieu avec une histoire forte : c’était un ancien camp de la résistance.

Ce lieu a toujours été un lieu fédérateur ?

Effectivement, après la guerre, ce village accueillait des jeunes de partout dans le monde dans un contexte de guerre froide afin de favoriser les rencontres entre les différentes cultures. Le site de Piot a ensuite été acquis fin 2008 par la commune de Chéniers dans le cadre de la sauvegarde du patrimoine et de l’histoire du moulin. Pour les habitants, voir autant de jeunes venir dans leur village est vraiment une source de joie. Ce festival fait revivre les lieux.

On valorise souvent les aventures au bout du monde. Avec la Mad Jacques, vous prônez l’aventure près de chez soi ?

L’aventure, c’est d’abord des rencontres. Or, les rencontres sont possibles en bas de chez soi, inutile de partir loin. Nous pensons qu’à travers l’auto-stop (entre autres), on peut partir à l’aventure sans dépenser beaucoup d’argent et vivre des histoires très fortes.

Nombreux sont ceux qui ont une image négative du stop. Comment rassurer ?

Cette petite peur fait partie de la vie. Sans risques, il ne peut pas y avoir de vraies aventures. Nous garantissons au maximum l’arrivée des participants sur place grâce à un système de géolocalisation. A chaque inscription, nous délivrons une assurance incluse dans le billet. Si des participants n’arrivent vraiment pas à bout de la course, une voiture ballet vient les récupérer sur le chemin.

Derrière cette course, y a-t-il l’idée de mettre en avant le voyage alternatif en limitant son empreinte carbone ?

Je dirais que c’est une conséquence. Il n’est pas nécessaire de prendre l’avion pour découvrir des endroits magiques. Nous avons la chance d’habiter un pays magnifique, profitons-en ! Il est intéressant de partir à pied ou en vélo pour voyager à « vitesse humaine ». L’avion fait perdre ce rapport à la distance.

Une anecdote à partager ?

De nombreuses ! Par exemple, celle d’une équipe qui vrs 19h/20h était encore à 40 kilomètres de Chéniers. Leur voiture tombe en panne au milieu de nulle part : à proximité il n’y avait qu’un château. L’équipe habillée en poussin frappe à la porte : une réception y avait lieu. Ils y ont été invité et ont passé leur soirée à boire du champagne. Ils sont arrivés avec une dépanneuse beaucoup plus tard que prévu mais très heureux !

Es-tu optimiste ?

Oui je pense ! Je crois profondément que les gens sont bons. Les gens donnent beaucoup plus que ce que l’on imagine. Il suffit seulement de provoquer la rencontre !

As-tu une citation qui te tient tout particulièrement à cœur ?

J’en ai noté une justement hier dans mon téléphone. Ce doit être un signe (rires !).

« En partant de la contemplation de la nature et de l’état d’émerveillement qu’elle peut procurer, de la curiosité qui peut en naître, je crois que l’on peut créer ou retrouver une certaine empathie avec le monde dans lequel on vit ».

Cette citation appartient à Luc Jacquet qui est parti en Antarctique et qui décrit la nature très hostile des pôles (notamment le froid et le vent). Il affirme qu’il a réussi à s’émerveiller de cette nature pourtant si agressive envers lui; parce qu’elle représente quelque chose de bien plus grand que nous et qu’elle permet de nous rapprocher de nous-mêmes et de nous ouvrir aux autres.

L’équipe de L’Optimisme sera présente à l’édition 2019, le 8 et 9 juin ! On vous y rencontre ?

Merci beaucoup Maëlle ! En parallèle de la Mad Jacques, l’équipe organise d’autres courses aussi folles dans des villes : https://www.davaidavai.co/