Marie-Alix, je plaque tout et je pars faire le tour du monde

Un vrai coup de cœur. Marie-Alix fait partie de ces personnalités qui rayonnent. Rencontrée en avril dernier, la voilà aujourd’hui sur les routes du monde. Elle nous raconte son voyage autour du monde mais aussi personnel. Episode 1.

“Je plaque tout et je pars faire le tour du monde!”

Combien de fois j’ai dit cette phrase en rigolant et sans imaginer qu’un jour j’aurais le courage de le faire. Pourtant il y a 3 mois c’est ce que j’ai fait.

Mais pourquoi ? Parce que cela faisait bien trop longtemps que je vivais une vie qui n’était pas la mienne. Que je me sentais déconnectée du personnage qui se levait chaque matin sans aucune envie (“en-vie”) et sans aucune motivation. Pire, les papillons que j’avais l’habitude d’avoir dans le ventre avaient laissé place à une boule d’angoisse qui grossissait jour après jour. Plus j’avançais sur ce chemin plus tout mon corps me le faisait sentir, mais je ne l’écoutais pas.

C’est d’ailleurs mon médecin le premier à avoir mis le doigt sur le problème, à force de me voir revenir, “et si vous changiez de job pour commencer ?”

Facile à dire tiens ! Pour faire quoi ? Et comment, d’abord ? Ce n’est pas si simple que ça, je dois payer mes factures et m’assurer un avenir.

Non, ce n’est pas si simple. Pourtant si j’avais ouvert les yeux plus tôt sur le fait que ce n’est finalement pas plus compliqué que de subir son quotidien et lutter contre soi-même, j’aurais tout plaqué plus tôt je vous assure.

Il faut dire que, comme bon nombre de personnes, j’ai fait des études de commerce, pour les “portes que cela ouvrait”. Si j’avais su… Ca en ouvrait des tas de portes, mais pas celle qui était faite pour moi. Pourtant je savais déjà à l’époque qu’étant passionnée par les relations humaines et le développement personnel, je souhaitais faire des études de psychologie. La raison avait pris le dessus, “la psycho c’était bouché”. Et puis imaginons que ça ne me plaise pas ?

Non, non, le commerce c’est très bien. Ça me plaira c’est certain. Ne sachant que faire à la fin de mes études, je me suis dirigée vers l’audit & le conseil. Quitte à me tromper de voie autant le faire franchement, non ? J’ai démarré en bas de l’échelle et j’ai ensuite eu l’opportunité de travailler pour des groupes prestigieux, où mon travail était reconnu.

J’aurais du être heureuse et pourtant j’étais de plus en plus malheureuse, de plus en plus éteinte, de moins en moins moi même.

Mais pourquoi ? Jim Carey disait qu’il aimerait que l’on connaisse tous le succès et que l’on puisse être riche pour comprendre que ce n’était pas la clé du bonheur. Je crois que c’est l’idée.

Sur le papier ma vie était super, j’étais entourée, j’avais une vie sociale remplie, un job prestigieux. Alors qu’est ce qui clochait ? Allez Marie-Alix arrête de te poser des questions, tu as de la chance de mener cette vie, tu n’as pas le droit de te plaindre.

Je suis certaine que bon nombre d’entre vous se retrouvent dans ces lignes, n’est-ce pas ?

C’est lors de mon dernier changement de poste que toutes les stratégies que j’avais mises en place pour m’empêcher d’écouter mon intuition se sont écroulées. Mon concurrent de l’époque m’avait débauchée en me faisant une belle proposition. Le jour où j’ai posé le pied dans cette nouvelle entreprise je l’ai su. Je ne pouvais plus continuer à mener cette vie, c’était impossible. S’en est suivie une crise existentielle qui a duré des mois.

J’ai passé des nuits entières sur Google à chercher ce que je pourrais faire. Les journées au bureau me semblaient interminables, une véritable guerre contre moi-même.

Je me sentais perdue, désespérée, quitter mon job : oui mais pour faire quoi ? Reprendre des études, mais lesquelles ? Avec quel argent ? Et puis je n’allais quand même pas retourner chez mes parents. Tout un tas de questions sans réponse se bousculaient dans ma tête.

Et puis un jour cela en était trop. Je tournais en rond, j’avais besoin d’une pause. La décision de voyager seule m’est venue à l’idée sans crier gare. L’idée ne m’avait jamais effleurée auparavant, et surtout je n’avais jamais vraiment passé de temps seule. Mes peurs surgissaient dans tous les sens, vous auriez dû me voir à la veille du départ, mais ma petite voix persistait à m’orienter dans ce sens. Pour une fois j’ai décidé de l’écouter, sans franchement comprendre pourquoi, le côté “challenge” me plaisait bien.

Je n’ai pas été déçue ! Je suis partie en pensant faire une pause, sans réaliser que j’allais trouver la clé à tous mes problèmes.

Parce que j’ai pu appuyer sur le bouton “pause” du film de ma vie, qui avait été écrit pour moi. J’ai pu le rembobiner, le regarder à nouveau, et l’analyser, comme si j’étais un simple spectateur. J’ai constaté que j’étais l’acteur de ma vie, mais pas le scénariste. Je n’étais pas aux commandes de ma propre vie. Et c’est ainsi que j’ai compris que j’étais la clé que je cherchais.

Le manque de temps que je m’accordais était le problème. Ce n’est pas en vivant à 1000 à l’heure, entre un job que je n’aimais pas et des soirées toujours plus remplies, que j’allais trouver ce qui me faisait vibrer. Je n’avais pas la place. Je ne me donnais pas la chance de trouver MA place.

Je passe sur le fait de toujours avoir été très (trop?) tournée vers les autres en leur donnant toute l’attention que je ne me donnais pas. Bref, je m’étais oubliée.

Alors après quelques jours, j’ai appuyé à nouveau sur le bouton “démarrer”, mais cette fois j’étais le scénariste du film de ma vie. Je tenais le stylo, et j’avais repris le contrôle.

Ce que m’a enseigné ce premier voyage solo, c’est avant tout un état d’esprit, une philosophie de vie basée sur la joie et le “verre à moitié plein”. J’y ai surtout appris à vivre pleinement dans l’instant présent, connectée à moi même et à mes désirs profonds. Désirs que j’avais totalement oubliés dans cette course contre la montre où plus rien n’avait de sens à mes yeux.

Ce petit feu que cette expérience a permis de raviver. Cette flamme de joie et de vie en moi qui ne fait que grandir depuis, et que je me suis fait la promesse de ne jamais laisser s’éteindre à nouveau. Ni pour un job, ni pour une personne, ni pour aucune autre raison.

En 3 semaines de voyage j’ai eu la sensation de faire 3 ans de thérapie. Je n’ai jamais été si heureuse et épanouie que depuis ce voyage. C’est donc tout naturellement que l’envie de prolonger l’expérience m’a paru évidente. Au final qu’est ce qui m’en empêchait ? La peur, certes. Mais maintenant que j’avais un avant goût du voyage solo j’avais moins peur, je m’en savais capable. J’avais regagné confiance en moi.

Alors j’ai décidé de mettre de l’argent de côté pendant un an, puis de repartir seule sans limite de temps, ni d’espace. Sans itinéraire. Avec mon intuition pour seul guide et pour objectif premier de donner un sens à ma vie.

Car comment trouver ce qui était bon pour moi si je ne prenais jamais le temps de me connaître profondément ?

Google ne pouvait rien pour moi. Tout a toujours été là, en moi. Mais je ne le voyais pas, je ne savais pas m’écouter. Ce n’est pas quelque chose qu’on nous apprend à l’école, malheureusement.

Un an plus tard, j’ai suivi la petite voix que j’avais tant de fois regretté d’avoir fait taire. Et maintenant ? Cela fait 3 mois aujourd’hui que je suis partie.

Difficile de décrire ces derniers mois qui ont été, jusque là, certainement les plus intenses et les plus riches de ma vie. Intenses en émotions et en expériences, euphoriques, mais aussi douloureuses.

La suite du récit de Marie-Alix en ligne la semaine prochaine.
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