Les masques cachent-ils nos émotions?

D’une anecdote à un questionnement

Il y a quelques semaines, j’avais rendez-vous dans une grande entreprise : masques obligatoires pour tous les déplacements à l’intérieur. Passant au milieu d’un plateau de l’open-space, un salarié me sourit, d’un de ces grands sourires qui font du bien. Il est assis, il a le droit de ne pas porter de masque. Je suis loin et en mouvement mais touchée de voir un sourire. Il ne peut pas distinguer mes yeux, il est trop loin. Et c’est sans réfléchir je me suis vu énoncer à haute voix « là ça ne se voit pas, mais je souris en retour !! ». Ce qui eut pour effet immédiat de le faire rire !  

Le questionnement

Racontant cette anecdote sur les réseaux sociaux (notamment sur LinkedIn et Instagram), j’ai demandé à nos lecteurs leurs ressentis sur cette nouvelle vie masquée. Nombre de réponses allaient dans le même sens : «  Je n’arrive pas à savoir si mes interlocuteurs sourient ou s’ils se crispent », « on perd les interactions sociales », allant même jusqu’à « j’ai la phobie des masques et de cette nouvelle réalité ». Alors j’ai cherché quelques chiffres. Une étude récente publiée en Angleterre soulignait le fait que la moitié des anglais interrogés étaient convaincus qu’ils ne pouvaient pas parler correctement avec les autres à cause des masques et du fait de ne plus voir le sourire. [Voir l’enquête]

Communication verbale et non verbale

J’ai toujours cru dans le pouvoir d’un sourire, ce n’est pas sans hasard que nous avons choisi le hashtag « #etsionsouriait » pour ligne conductrice à notre site web. Un sourire est la distance la plus courte entre deux personnes, un sourire fait tomber la barrière de la langue et il est gratuit ! Mais alors, si on ne voit plus les sourires ? Ayant plusieurs fois séjourné à Beijing en Chine, je m’étais déjà fait la réflexion : j’étais malheureuse de ne pas voir le visage des autres et j’avais du mal à nouer ce contact avec l’autre.

Alors j’ai essayé de me rassurer…

Par cette étude, S. Baron-Cohen met en avant le fait qu’on peut se rendre compte des émotions juste par les yeux. Dans une série de photographies, il a demandé par une simple photo des yeux aux participants l’émotion associée à la personne. J’ai fait le test ici. Le test existe hélas uniquement en anglais mais vous pouvez le faire si votre niveau le permet. 31 / 36 bonnes réponses. Cela veut quand même dire qu’une fois sur 8, je me trompe, la moyenne étant à 28. Si les yeux sont le miroir de l’âme, le reste du visage a tout de même son importance…

Interroger

J’ose le dire sans pour autant rentrer dans la polémique des masques, ce n’est pas le sujet ici. J’ai simplement un peu peur pour le lien dans notre société et peur que les émotions y soient plus invisibles…

Alors il va être de notre responsabilité de recréer de l’humanité, beaucoup d’humanité que ce soit en ligne ou en exprimant les émotions… Il va nous falloir regarder l’autre et non plus seulement nos écrans.

Ce week-end notre équipe était à Bréhal et a fait un test. Eva a pris un panneau « et si on souriait ? » qu’elle a montré aux passants dans la rue. Et cela m’a rassurée : les passants ont été nombreux à nous répondre un « c’est vrai ! je vous souris en retour mais cela ne se voit pas là ! ». Merci à tous !

Et d’ailleurs ? Sur la photo : à votre avis, je souris ou non ?

Catherine, fondatrice de loptimisme.com

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