[TEMOIGNAGE 3/5] Rentrer dans le moule du monde du travail

Marie-Alix est la rédactrice de la rubrique développement personnel du site. Vous étiez nombreux à vous interroger sur son parcours, du monde de la finance à coach. Elle partage son histoire dans une série d’articles.

Suite de l’article La désillution de l’entrée dans la vie active

Rester soi-même dans le monde de l’entreprise

Après avoir passé des mois à mettre ma vie de côté, après avoir du gérer les plaques de stress d’un métier qui me “dévorait”; j’aborde une nouvelle expérience professionnelle dans un cabinet de conseil de manière bien plus positive.

Non seulement mon management reconnaît mon travail mais, en plus, je parviens à trouver un certain équilibre vie privée – vie professionnelle. Pourquoi ? Pas parce que le management est foncièrement différent du premier, mais parce que moi j’ai changé. J’aime beaucoup cette phrase d’Eleanor Roosevelt : “Personne ne peut me faire de mal sans mon consentement”.

».

J’ai gagné en confiance en moi et en mon travail. J’ai donc posé les limites qui sont les miennes, ce qui ne m’empêche pas de m’investir profondément.

Malgré ces conditions de travail “moins pires” – soyons honnête l’humain n’y a toujours aucune place – je n’aime aucune journée au bureau, mais je refuse de l’accepter. Je pense qu’il faut s’y faire, que c’est normal.

Puisque tout le monde se plaint mais que personne ne bouge, ça doit vouloir dire que c’est normal, non ? Pire, c’est moi qui ne doit pas être normale de penser qu’autre chose est possible.

J’ai appris par la suite qu’être « normal » aux yeux des autres était souvent la cause de nos souffrances. On dit que le courage c’est d’être pleinement soi-même, je crois que c’est l’idée.

Et puis qu’est-ce que ça veut dire être « normal » ? Etre dans la norme ? N’avons-nous pas le droit d’être au-dessus de la norme ? De ne pas être « ordinaire » mais « extra-ordinaire » ? En acceptant d’être dans la norme on accepte de ne pas valoir plus. En vivant dans la norme on donne le pouvoir de nos vies aux autres. Mais c’est un autre sujet.

Une étude réalisée par Steelcase montre que 88% des employés en France ne sont pas heureux au travail. Si cela vous surprend, regardez autour de vous. Avez-vous la sensation que les gens s’éclatent au bureau ? Combien de personnes ont hâte d’être au lundi matin pour démarrer une nouvelle semaine ?

Réaliser ses rêves : comment ?

Et puis parlons aussi de la culpabilité que je porte. Selon les standards de la société j’ai « réussi », j’appartiens au plus grand cabinet du monde, je viens de sauter de grade et mon travail est plus que reconnu.

J’ai conscience de ma chance. Oser remettre cela en question me fait profondément culpabiliser. Alors qu’est ce qui cloche ? Je crois que si nous sommes tous honnêtes nous sentons un jour que quelque chose cloche dans nos vies bien rangées.

Réussir sa vie, dans notre société c’est gagner de l’argent et avoir un poste à responsabilité. Avez-vous la sensation que cela rend les gens heureux ?

Le comble, c’est que je sais pertinemment ce qui me rend heureuse. L’Humain, c’est ça ma passion. Comprendre la psychologie humaine, décoder les comportements des autres et les aider à être heureux, j’ai depuis toujours porté ce rêve en moi. Et sur mes temps libres, les lectures à ce sujet prennent toute la place.

Mais ces années dans ce cabinet m’ont appris que l’humain n’a aucune place dans ce genre d’environnement professionnel, pire que faire preuve d’humanité est une faiblesse.

Alors qu’est-ce que je peux bien y faire ? Je continue à me faire violence, et chaque jour passé dans le milieu de la finance m’éloigne un peu plus de mes rêves.

Quitter ce moule dans lequel je suis entré me terrorise. Abandonner la sécurité contre l’inconnu me semble infaisable.

Et puis surtout je me suis résignée, je ne crois plus possible de lier bonheur et travail.

Lire la suite : tout plaquer, la plus belle décision de ma vie

Marie-Alix, après des années dans le monde de l’entreprise est devenue coach pour accompagner ceux qui changent de vie. Contact : marie-alix@loptimisme.com