Mouts de Nus et Culottés : « revenons vers une société fraternelle »

Après la superbe rencontre avec Nans, nous vous présentons aujourd’hui le parcours de Mouts, le deuxième co-équipier de l’émission “Nus et Culottés”. Rempli d’humilité et de sagesse, Mouts nous éclaire sur ce qui l’a amené aujourd’hui à comprendre l’importance de la fraternité et de l’entraide dans notre société actuelle. De “Nus et Culottés” à la web-série “Bonjour Tandem !”, il a trouvé sa voie : mettre en lumière la bonté de l’Humain. Magnifique rencontre !

Mouts, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Lorsque j’étais petit, je cadenassais en moi des peurs qui ne me permettaient pas de voir le monde tel qu’il est. J’avais peur du froid, des gens, du noir, du manque de ressources, de l’avenir de la planète, de l’anxiété, du stress,…. Et pour passer au travers de ces peurs, je suis allé vivre de nombreuses expériences, comme voyager sans affaires, réaliser des jeûnes, faire de la méditation dehors en hiver à -15 degrés en caleçon, vivre sans électricité, sans eau potable, dans des petits espaces, sans argent… J’avais besoin de me rassurer et j’ai ainsi compris la multitude de ressources qui nous entouraient. Je les ai également trouvées à l’intérieur de moi et à travers les relations que j’ai eues avec les autres. Pour résumer, je dirais que je suis un chercheur de confiance.

Quel est ton parcours jusqu’à maintenant ?

J’ai grandi en Haute-Marne. J’ai eu la chance d’avoir des parents enseignants qui s’aiment encore aujourd’hui. Malheureusement, cela devient réellement une chance d’avoir des parents encore ensemble. J’ai pratiqué de nombreuses activités en nature (j’ai été scout, j’ai fait de l’apiculture avec mon père et de la coupe de bois dans la forêt tous les hivers). Être dans la nature m’aidait à trouver de l’espace. J’y allais me ressourcer.

Tu poursuis alors un parcours dit “classique” ?

En ce qui concerne les études, j’étais bon en maths. J’ai alors choisi la voie dite « royale », sans me poser trop de questions sur ce que je voulais vraiment. Je suis donc allé en école d’ingénieurs.

J’ai eu des gros problèmes de santé, à mon échelle en tout cas. Mon genou et mon pied ne me permettaient plus de faire du sport comme je le souhaitais : l’effondrement. J’ai évacué cette épreuve dans l’alcool et en faisant la fête. Et petit à petit, ce n’était plus possible de me voir sombrer dans le non-sens.

Tu as décidé de tout quitter pour partir en Amérique…

Je suis alors parti voyager avec ma compagne de l’époque pour faire le tour du continent américain, pour aller rencontrer des gens qui avaient de l’espoir, notamment pour des causes sociales et environnementales. Nous avons rencontré une centaine de personnes qui tenaient soit une association ou une ONG soit une entreprise. Cela a donné lieu à ce livre : Eco-América, voyage en quête de solutions durables.

Ce voyage représente l’un des plus gros déclics de ma vie.

J’ai compris que j’avais des ressources incroyables en moi. Je pouvais traverser des déserts, je pouvais affronter la soif, mal dormir et le lendemain retrouver de la joie. J’ai réalisé la puissance de l’entraide de ces centaines de personnes qui nous ont hébergés.

Malgré l’optimisme et la bienveillance qu’entretenaient ces personnes engagées, un point de blocage subsistait…

Les personnes engagées pour ces causes sociales ou environnementales répétaient sans cesse : « on n’a pas assez d’argent, on manque de temps, on n’a pas les connaissances. ». En écoutant ces nombreux témoignages, j’ai compris une chose : les points de blocage ne venaient pas du manque d’argent, de temps, de la technique ou de la législation. Le problème venait du manque de lien humain et du manque de fraternité entre les différents porteurs de projet. Il y avait une jalousie et une certaine compétition entre eux.

J’avais l’impression qu’il y avait une racine commune entre toutes les crises présentes sur la planète : la crise spirituelle. On balaye les religions. On rejette les valeurs. On tombe dans la consommation et dans le sabotage. J’ai été également un immense saboteur de ma vie et de la vie des autres. Par exemple, je me sentais en compétition avec mon ami Nans durant nos voyages de Nus et Culottés, j’étais jaloux lorsqu’il jouait de la guitare et que cela attirait les personnes autour de lui. Il est très dur de seulement admirer quelqu’un.

Il est grand temps de retrouver une humanité et une fraternité !

En rentrant de ce magnifique voyage en Amérique, j’ai tout de même fini mes études d’ingénieur mais j’ai senti que cette voie n’était plus la mienne. L’aventure a continué en France, avec “Nus et Culottés”. J’ai retrouvé cette dimension de solidarité. Elle est juste à côté, il suffit seulement d’ouvrir son cœur et ses yeux pour la voir.

Peux-tu justement présenter rapidement l’émission “Nus et Culottés” pour ceux qui ne connaissent pas ?

“Nus et Culottés” est une suite d’épisodes documentaires diffusés sur France 5. Avec mon ami Nans, nous partons en voyage complètement nus, sans vêtements, sans argent, sans rien à part un couteau, un petit baluchon et surtout un rêve (chercher des pépites d’or dans un ruisseau en Suisse, arriver en décapotable et en costard cravate à Paris…). Notre objectif est de partir à la rencontre des autres et de voir comment nous, les êtres humains, nous pouvons nous faire confiance sans nous connaître. Faisons ces expériences de gratitude, vivons-les, aboutissons-les et renouvelons-les pour que ce bons sens passe dans l’inconscient.

Désormais, tu pars sur les routes d’Occitanie en tandem. Ce périple aboutit à la web-série “Bonjour Tandem !”. Peux-tu nous la présenter ?

Avec mon ami Milan, également un grand amoureux de l’humain, nous sillonnons l’Occitanie en Tandem. Nous allons à la rencontre d’entreprises ou d’associations qui développent leurs valeurs au sein de leur activité. Là où je vois la continuité avec Nus et Culottés, c’est que l’on met en avant la valeur humaine des gens et des particuliers. Pour “Bonjour Tandem”, nous le faisons à une autre échelle, avec des entités et des collectivités. Pour beaucoup d’entreprises, il est difficile de développer et faire vivre ses propres valeurs au sein même des projets.

Pourquoi avoir choisi le tandem ?

Nous voulions aller jusqu’au bout de l’idée d’« œuvrer ensemble » : le tandem représente le lien amical qui nous lie Milan et moi, le lien fort entre les membres des équipes des acteurs de terrain et le lien entre les collectivités (Occitanie et Europe).

As-tu désormais une image renouvelée de l’entreprise ?

Oui j’ai appris à démystifier ce monde si particulier. L’entreprise représente un endroit plutôt d’ambiance froide, carrée où l’on doit instaurer une certaine distance avec ses collègues. Il est évidemment important qu’il y ait une structure mais ne mélangeons pas structure et aseptisation. L’entreprise doit encourager à partager ses émotions. Je prends beaucoup de plaisir à mettre en avant l’émotionnel dans le monde professionnel.

À chaque fin d’épisode vous dites tous ensemble : « Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. » Que cela représente-t-il pour toi ? 

C’est ma thérapie ! J’ai compris intellectuellement cette phrase mais je ne l’ai pas encore complètement intégrée. Il y a encore quelques fois où je fais les choses seul pour aller plus vite. Construire ensemble les choses amène bien plus de bonheur à partager afin de se nourrir ensemble de cette joie. L’enrichissement se décuple !

Mandela disait également : « Nous n’avons pas peur de notre partie sombre mais de notre lumière. ». C’est lorsque l’on accepte notre plein potentiel que l’on peut s’autoriser à être un exemple. On ne fait rien tout seul, absolument rien !

Que trouves-tu de plus beau dans l’être humain ?

Ses contradictions : notamment le fait qu’il puisse être capable de témoigner d’une générosité incroyable et qu’il puisse tout d’un coup devenir méchant et égoïste. Je trouve ça beau. (rires !)

As-tu un vœu pour demain ? 

Que l’on se réveille ! Nous avons tous les capacités en nous pour changer le monde ! Cultivons notre potager de fraternité et d’amour !

Merci beaucoup Guillaume pour ce magnifique temps de partage ! Suivez l’actualité des aventures de Mouts sur Facebook :