Olivier, co-fondateur de l’Optimisme

Olivier, peux-tu te présenter en 2 mots ?

Mélomane au grand cœur, adepte de l’autodérision et, en ce moment, moustachu [ndlr : on se demande toujours pourquoi…].

Tu es l’un des co-fondateurs de L’Optimisme, pourrais-tu nous en dire un peu plus sur ton parcours ?

Il faut faire court mais le chemin est sinueux, comme beaucoup…

Mes parents sont médecins et entrepreneurs tous les deux, depuis plusieurs générations du côté de mon père. Ma mère a un parcours que j’ai toujours admiré. J’ai toujours senti beaucoup de pression de leur part, quand bien même fut-elle bienveillante. Au lieu de me pousser vers le haut, cela m’a perdu. Toutes ces attentes m’ont fait perdre mes moyens. Quand j’avais des bonnes notes, il y avait toujours quelque chose qui n’était pas assez bien et quand je n’en avais pas… Alors je me suis rebellé. Si on allait toujours me reprocher quelque chose à quoi bon m’embêter ?

Durant ma scolarité, j’étais toujours le bon pote, le mec sympa. J’ai toujours eu une facilité sociale : du plus loin que je m’en souvienne « mon truc » c’était de toujours sympathiser avec des gens, de tous bords et de fédérer les énergies (l’optimisme n’est pas un hasard !).

J’ai finalement passé un Bac littéraire et ne sachant pas trop quoi faire, j’ai intégré la FAC. Evidemment, je n’étais pas assez mature à l’époque et on me le répétait chaque jour, « tu es incapable de prendre des décisions d’adultes ».

C’est rentré dans mon cerveau. Un jour, j’ai décidé de partir pour fuir cet environnement. Je savais qu’il fallait que je me remette du plomb dans la cervelle, j’ai décidé de rentrer dans la Marine Nationale pour apprendre la rigueur et voyager.

Quand on te connait cela paraît improbable !

Un défi et un apprentissage dira-t-on, sur le plan psychologique c’est très intéressant. En réalité, je n’y suis resté que 4 mois. Au début j’étais complètement perdu, une vraie expérience. Très vite j’ai compris qu’en réalité je n’avais pas besoin qu’on me dise quoi faire et que j’étais capable de prendre des décisions.

Quelle a donc été la suite ?

Je me suis dit que j’allais faire ce dont j’avais vraiment envie : une école de Sound Design = technicien du son, j’ai toujours été passionné de musique. De Toulouse je suis parti à Montpellier. Tout m’y a passionné : les cours et les gens que j’y ai rencontré. Mais je suis rentré trop tardivement dans l’univers de la musique ; j’ai vite compris que j’aurais toujours du retard par rapport à tous ceux qui étaient plongés dedans depuis le berceau.

En parallèle, je me suis rendu compte que les gens talentueux étaient souvent incapables de parler de leur musique. Moi j’étais capable de parler des autres : nous avons donc créé un site avec des copains appelé “Limonadier” au tout début de la mode des blogs. A l’époque Facebook n’existait pas, ou du moins pas sous cette forme ! Le but de ce site était d’échanger nos découvertes musicales. De fil en aiguille, ce petit blog est passé à une autre échelle, j’ai été élu président de l’association : en parallèle de l’Optimisme j’organise toujours des événements musicaux et des concerts à Paris ou ailleurs via cette association.

Finalement tu revenais à tes premières amoures : fédérer…

Oui et c’est quelque chose que je fais encore par passion même si cela me demande un vrai investissement personnel. Il y a énormément d’artistes qui sont devenus connus en partie grâce à nous et qui font maintenant des concerts partout dans le monde. C’est un projet qui fait rêver quand on y pense : interviewer ses idoles, des personnes que l’on pensait inaccessibles quand on était gamin, ça n’a pas de prix.

Tu n’as jamais fait de ce projet “Bside” ton métier ?

Non, mais lorsque je suis montée à Paris car je souhaitais m’installer avec ma copine, j’ai pu en profiter pour m’occuper du Limonadier et trouver en parallèle un travail dans le milieu du digital, sujet que j’affectionnais. J’ai démarré tout en bas de l’échelle comme télé-opérateur et j’ai fini par organiser les plus grands événements de l’entreprise pour laquelle je travaillais ; j’ai eu la chance de rencontrer un nombre incroyable de personnes de l’économie numérique.

Comme quoi : l’évolution en interne existe encore aujourd’hui. Cette société m’a fait confiance et il ne me serait pas arrivé toutes ces choses sans elle. J’ai travaillé autour de l’humain et de la gestion d’une communauté. C’est aussi là que j’ai eu la chance de rencontrer Catherine et Monika, avec qui j’ai co-fondé LOptimisme.com et le Club des CHO.

Tu t’es donc appuyé sur ta personnalité et tes qualités personnelles ?

Je les ai même découvertes ! Avec du recul, j’ai compris que depuis que je travaille, j’arrive à fédérer des communautés, et tout cela via la passion que je ressens en faisant ce que j’aime.

Connaître les personnes que je rencontre, identifier les passions des gens, déceler ce pour quoi ils sont doués, les mettre en avant, donner la parole et fédérer… c’est mon truc !

Aujourd’hui, avec Catherine et Monika, nous travaillons également avec le monde de l’entreprise : nous avons fondé le Club des CHO (chief happiness officer = responsable du bonheur) pour avoir un impact positif sur le monde du travail de demain. Je suis impressionné de voir l’impact de ce projet en si peu de temps !

Aujourd’hui, es-tu fier de ton parcours ?

Une de mes plus grandes frustrations est que je n’ai jamais pu expliquer à mon père ce que je faisais concrètement et l’impact que cela pouvait avoir sur les gens. Quand je dis que j’ai un site web dont le but est de “faire sourire les gens”, il me demande : “non mais en vrai, c’est quoi ton métier ?”. Mais de cette frustration est née une fore, une petite étincelle qui m’a poussé et me pousse encore à avancer et à donner le meilleur de moi.

En réalité, quoi qu’on fasse on rencontrera toujours des personnes qui nous mettrons des bâtons dans les roues ou qui ne comprennent pas nos choix. Il ne faut pas se focaliser là dessus. Ces gens ne font que projeter leurs propres peurs ou frustrations sur nous.

Quand on ne connaît pas, on a peur et on rejette. On minimise toujours cette « peur du différent », pourtant pour moi c’est le nerf de la guerre.

Alors que pour moi, c’est tout le contraire : l’optimisme est la force motrice qui permet à chacun de se lancer dans un nouveau projet. Voir que d’autres le fassent !

Quel est ton rôle au sein de l’Optimisme ?

Comme le disait Catherine dans son interview, au début on fait de tout. Aujourd’hui je suis focalisé sur notre activité à destination des entreprises. Vous savez, on passe 80% de sa journée au travail… On a eu envie d’agir sur ce volet, il est plus qu’urgent de muter le monde du travail et de revaloriser l’humain.

En faisant quelques appels via Linkedin ou Facebook, nous avons rencontré des personnes qui incarnaient parfaitement, au sein des entreprises, les valeurs que nous défendions : les Chief Happiness Officers. Au démarrage, on ne savait pas vraiment si c’était juste un coup de communication ou non. Aujourd’hui je peux vous dire que ces personnes véhiculent les valeurs que nous défendons au sein de l’Optimisme, à travers de nombreuses actions concrètes.

Nous avons donc créé le premier club de l’ « optimisme en entreprise » qu’on a nommé le Club des CHO. En quelques événements nous avons fédéré des personnalités extraordinaires et nous activons les sociétés pour penser un futur du travail différent.

Aujourd’hui, déjà plus de 150 sociétés se sont joint à notre club… Les choses bougent et plus nous seront nombreux, plus la thématique du “bonheur en entreprise” sera prise au sérieux. Bien sur, le monde de l’entreprise ne changera pas du jour au lendemain ! Nous essayons de faire avancer la thématique en faisant de la veille, en accompagnant les entreprises, en donnant des idées et en regardant toutes les innovations possibles sur le sujet…

C’est le même principe que l’optimisme, nous proposons une vision différente de l’entreprise et fédérons ceux qui s’y retrouvent. Aujourd’hui, des RH, des Office Managers, des managers, des directeurs généraux nous ont rejoint en plus des CHO.

En réalité, nous fédérons des personnalités qui veulent changer le moule de l’entreprise dans laquelle ils travaillent. Nous partageons les bonnes pratiques et idées. Petit à petit, nous essaimons…

Tu es un optimiste ?

Je ne suis pas né optimiste. Je suis d’un naturel sceptique, voire critique dans le mauvais sens du terme. Un jour je me suis rendu compte que l’esprit critique n’était d’aucune utilité s’il n’était pas constructif. Au lieu de critiquer et de déconstruire, j’ai décidé d’influencer les gens dans le bon sens et de les aider à construire en les rendant inspirants pour les autres, comme pour moi-même.

Ca peut sembler “cliché”, mais quand on partage le portrait d’un homme qui va sauver des baleines ou des ours blancs en voie d’extinction, on est obligé d’aller dans son sens. Plutôt que séparer les gens à travers des polémiques, je préfère les réunir autour de sujets sur lesquels on ne peut qu’être d’accord. Ces gens là sont des exemples à suivre et ils méritent qu’on leur donne de la visibilité.

Quel est l’objectif de l’Optimisme ?

Il y a un vrai travail d’exemplarité et de sensibilisation. Il ne se résume pas seulement à nous, mais à tous les lecteurs. Si tout le monde peut-être un “inspirateur” et partager une démarche bienveillante, on aura gagné. D’ailleurs, n’hésitez pas à nous envoyer les actions que vous voulez mettre en avant, le site a pour vocation d’être une plate-forme mettant en avant les autres (ndlr : etsionsouriait @ loptimisme.com pour le mail)

C’est un peu comme la sensibilisation à la démarche écologique. On a tous internet, on a tous un impact autour de nous, autant faire en sorte que notre impact soit le meilleur possible. Il faudrait également que l’état s’approprie le sujet et sensibilise à la démarche, comme elle le fait pour l’écologie…

En partageant une initiative sur internet, vous allez peut-être créer des vocations, en lisant un article et en le partageant vous allez soutenir celui qui a mis en place l’initiative et qui a peut-être un coup de mou. Vous allez même peut-être changer la vie de quelqu’un car cela tombera au bon moment pour lui… Chaque petite graine à des chances de faire pousser un arbre somptueux…Il suffit juste de les planter au départ !

Qu’est ce qui te plaît chez l’Optimisme ?

La Simplicité. C’est une chose qu’on a du mal à concevoir quand on a grandi dans l’intellectualisme. Pourtant l’intellectualisme seul ne fait pas avancer les choses.

J’aime le fait que nous nous adressions à tout le monde. Le site n’a aucune vocation élitiste, il est à tous et pour tous ! On y partage les portraits de ceux qui nous ont bluffés, personnalités inconnues ou connues, peu importe.

Et j’aime la bienveillance autour de nos projets. Avec l’équipe nous faisons des choix et donc des erreurs, mais nous faisons au mieux. Sur 300 000 personnes qui nous suivent aujourd’hui activement, on n’a jamais eu de heurts et j’en suis fier. On offre une atmosphère positive que ce soit dans le volet loptimisme ou dans le volet club des CHO. On propose des clefs. Libre à chacun de les prendre et de les utiliser ou non.

C’est parti pour les questions plus classiques : tes 3 films préférés ?

  • A la recherche du bonheur avec Will Smith : je suis persuadé que pour accomplir de grandes choses, il faut passer par des moments difficiles. C’est quand on est au pied du mur qu’on trouve parfois la force pour aller de l’avant. Ce film illustre bien tout cela… Tout comme la notion de persévérance qui me tient particulièrement à cœur.
  • Vice Versa : le dessin animé de Pixar. Il y a 2 lectures dans ce film , celle pour les enfants et celles pour les adultes. Identifier les émotions et les accepter sans les juger. Il est indispensable de ne pas aller contre ses émotions mais de les accepter si l’on veut se connaître.
  • Interstellar : je trouve l’analogie du trou noir illustré par une bibliothèque absolument brillante et poétique. Là où la science trouve ses limites, l’imagination prend le relais…

Tes 3 chansons préférées ?

Demander à un passionné de musique de choisir 3 chansons, c’est une torture. Une chose est sure, pas les mêmes chansons que Catherine ! (ndlr : Catherine a régulièrement des chansons comme le lac du connemara en tête… au grand dam du reste de l’équipe )

Pour commencer, je dirais John Miles – Music : pour moi c’est une ode ultime à la musique ! Un morceau de rock progressif avec différentes phases, allant de l’orchestration classique, au disco, en passant par le rock. Du génie à l’état pur 😉

Un classique également, bien qu’il soit le fait d’un artiste contemporain : Sébastien Tellier – La Ritournelle. Un morceau envoûtant, à la joyeuse mélancolie, mettant en exergue ce magnifique instrument qu’est le piano. Si vous ne connaissez pas l’oeuvre de Mr Tellier, je vous conseille de vous pencher dessus !

Enfin, je ne pouvais pas faire ce top 3 sans y glisser un petit peu de Hip Hop. Voici l’une de mes références, Guru – moitié du groupe Gangstarr avec Dj Premier – l’un des pionniers du Hip Hop avec ses compilations JazzMatazz. Compilations sur lesquelles on a pu voir émerger des talents tels que Jamiroquai ou encore MC Solaar…

Tes 3 livres préférés ?

L’homme qui voulait être heureux – Laurent Gounelle 

Le cadeau que m’a fait un couple d’ami et qui a changé pas mal de choses dans ma conception de la vie !

 

 

Robin Hobb – L’assassin Royal (l’intégralité de la saga)

Le fan de “medieval fantastic” que je suis se devait de partager avec vous ce petit bijou. Tout le monde connait Game of Thrones, mais à côté de ça c’est de la gnognotte !

 

 

Le livre sans nom – auteur anonyme (l’intégralité de la saga)

Encore du fantastique ! Un scénario digne d’un Tarantino dans lequel des personnages hauts en couleurs se croisent. C’est drôle, rythmé, prenant, bref je le conseille chaudement !

 

 

Tes 3 trucs en cas de coup de mou ?

1> Ecouter une chanson qui donne la pêche !

2> Sortir s’aérer l’esprit et faire du sport…Un esprit sain dans un corps sain 🙂

3> Caresser son chat et se laisser bercer par ses ronronnements !

Un TED Talk Inspirant ?

 

Un message à passer ?

Des citations ?

Pour découvrir le Club des CHO, c’est par ici !

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