Pauline, atteinte d’alopécie, a fait de sa singularité une force !

C’est à travers Instagram que nous avons connu Pauline (du compte @paulinealopecia) qui est aussi une de nos fidèles lectrices. Nous avons tous été très touchés par son histoire. Nous tenions à vous présenter son parcours et sa force de résilience. Atteinte d’alopécie, elle a perdu tous ses cheveux à 13 ans, un âge où l’image et l’apparence comptent énormément pour une jeune fille. Après un long cheminement, Pauline ne se cache plus et décide de s’assumer pleinement sur les réseaux et dans la vie! C’est pour des belles personnalités comme elle que notre site existe

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Hello ! Moi c’est Pauline et @paulinealopecia sur les réseaux sociaux. J’ai 18 ans et suis atteinte d’alopécie depuis l’âge de 7 ans. Tout commençait un matin, en classe de CP, par des petites plaques sans cheveux à l’arrière de mon crâne. En classe de cinquième, à l’âge de 13 ans, je perdais l’ensemble de mes cheveux et de ma pilosité corporelle. Là s’en est suivi un long combat.

Peux-tu nous parler de l’alopécie ?

L’alopécie est une maladie auto-immune entraînant le plus souvent la perte des cheveux par plaques à certains endroits. Ce n’est pas une maladie rare, pourtant, elle reste une maladie très peu connue et trop souvent référencée à un cancer (d’où une partie de mon combat). Des traitements alternatifs existent mais il n’y a pas encore de traitements sûrs pour soigner cette maladie qui n’est pas grave physiquement mais pour autant, complexe psychologiquement d’autant plus en vivant dans une société où nous sommes encore influencés par des codes précis sur notre apparence. On avance, il faut y croire, il fait se battre ! Cette maladie peut également s’exprimer de différentes manières : perte de la totalité des cheveux, désépaississements des cheveux, perte de l’ensemble de la pilosité du corps, et au cas le plus rare, atteinte également aux ongles.

Comment en es-tu arrivée à en parler librement sur les réseaux ? Quelles ont été les réactions des internautes ?

Le chemin fût très très très lonnnnnnng avant d’en arriver là. Je suis passée, malheureusement comme beaucoup par la case harcèlement scolaire. J’ai difficilement vécu la perte de mes longs cheveux blonds qui étaient pour moi une de mes parties préférées. De plus, la perte a eu lieu quand j’étais en cinquième, en l’occurrence, dans une période d’adolescence où chacun de nous change, mais aussi où le monde s’approprie les notions de pouvoir, de supériorité. Je me suis enfermée sur moi-même, je n’arrivais pas à parler de ce qui me faisait mal au quotidien.

Je me sentais différente dans un monde rempli d’automates qui répétaient sans cesse les mêmes routines. On me nommait de noms étranges, on lançait des rumeurs à mon nom. Je me taisais, écoutais et subissais. Un jour soudain de mai 2019, j’ai eu envie de crier STOP. Comme une envie de prendre une revanche. C’était ok. J’avais été mal pendant 5 longues années, je voulais rendre ce mal, par une force, jamais facile certes, mais une fierté de savoir que j’ai tenu debout 5 longues années pour aujourd’hui pouvoir crier tous mes maux, par des mots, si forts.

Tu fais preuve de beaucoup de résilience. Tu dis d’ailleurs qu’au fil des années tu as réussi à faire de ta différence ta plus grande force. Comment es-tu parvenue à développer un tel état d’esprit et à accepter pleinement ta singularité ?

Je pense qu’on a tous, et toujours du chemin à parcourir. Moi la première, je ne considère pas être encore rendue au chemin le plus lointain de l’acceptation. Déjà car pour moi c’est encore difficile de toujours voir positif dans tout ce que j’ai pu vivre, mais aussi car je ne pense pas qu’on peut vraiment définir : oui je m’accepte totalement, non je ne m’accepte pas. Nous sommes humains, chaque jour est une petite vie, chaque jour nous changeons. Et puis, s’accepter ne veut pas dire, oublier de s’écouter. Je dis souvent que c’est humain d’aller mal,  et que même les personnes qui peuvent paraître aux yeux des autres les plus invincibles, peuvent aussi avoir des moments plus durs les uns que les autres. On avance, mais on n’oublie pas.

Je pense simplement que j’ai grandi, je suis tombée vraiment bas, jusqu’à ne plus voir le bon dans la vie, et que cette chute m’a permis de remonter, doucement, avec méfiance, la pente. J’ai compris énormément de choses, j’en comprends encore…J’arrive à mettre en relations beaucoup de choses, et même si parfois, comprendre, se replonger dans des choses vécues peuvent être des passages douloureux, ça m’aide à avancer. Ça peut sembler « que des cheveux » pour certains, mais ça a été bien au-delà de ça.

Quel message aimerais-tu faire passer aux lecteurs de l’Optimisme, quel que soit leur combat ?

J’aimerais simplement dire, que peu importe nos faiblesses, nos forces, nos défauts, nos qualités, vous seuls pouvez juger de qui vous êtes vraiment. Les mots étrangers sont durs, mais les vôtres le sont encore plus. Alors choisissez les bons mots à votre égard. C’est en passant par les moments les plus sombres de nos vies, qu’on peut grandir, s’ouvrir et s’épanouir, parce que c’est de là qu’on apprend.

Quelle est la phrase qui te booste au quotidien ?

Crois, rêve et ose.

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