Partir à l’étranger grâce au volontariat européen : Sara nous raconte

Qu’on sorte des études ou qu’on ait envie de faire un break, parfois on rêve de changer de pays et de partir rencontrer d’autres cultures. Le parcours de Sara pourrait vous donner des idées !

Une graine internationale

 

Sara, peux-tu nous dire quelques mots à propos de ton parcours ?

Je suis née en Slovaquie. J’ai fait des études en France où j’ai obtenu un master en linguistique. J’ai fait mon premier stage en Indonésie et décroché mon premier travail au Burkina Faso.

Un parcours très international ! Parle-nous du rêve que tu as réalisé : le volontariat européen

Je rêvais de faire du volontariat et d’aider les autres tout en découvrant une autre culture.

En rentrant du Burkina Faso, j’ai cherché comment concilier ces envies. J’ai ainsi entendu parler du volontariat européen : un programme de la commission européenne pour les jeunes qui veulent s’engager pour une cause et donner de leur temps pendant quelques mois.

J’ai décroché un contrant tant que volontaire européenne en Angleterre. Je suis intervenue auprès d’une association qui soutient les victimes (femmes et enfants) de violence domestique.

Y’a-t-il eu un événement déclencheur qui t’a décidé à tenter le volontariat?

Mon désir de volontariat était intimement lié à mon cheminement personnel. Parfois, c’est le malheur qui déclenche le bonheur. C’est étrange mais c’est souvent  parce qu’on est malheureux qu’on se met à chercher où réinventer le bonheur. D’ailleurs, on décide parfois d’aller aider les autres parce qu’on a connu une grande souffrance soi-même.

Je trouve ça beau : le malheur peut-être en soi un facteur positif. Il peut y avoir du sens dans la souffrance, un sens qu’il faut chercher et dévoiler, même si cela prend des années.

Les conseils pour se lancer dans un volontariat

 

Quels conseils donnerais-tu à ceux qui veulent se lancer dans une telle aventure ?

Un conseil très simple : il ne faut écouter que des gens bienveillants, et ne pas écouter les conseils de gens insensibles, sceptiques ou malveillants. Ne jamais renoncer à ses rêves !

Je n’avais aucune expérience préalable dans le domaine de la violence domestique avant de partir. J’ai appris. Ce volontariat m’a ensuite permis d’obtenir un emploi au sein de l’organisation. Je suis finalement restée deux ans en Angleterre. J’y ai rencontré des femmes et des enfants extraordinaires, ils ont changé ma perception de la vie.

Quelque chose qui fait peur à beaucoup de personnes : les difficultés matérielles et pratiques (budget, organisation…) et les difficultés financières ? Comment les as tu surmontées ?

Le volontariat européen en lui-même est un projet financé : le billet d’avion aller-retour est payé, le volontaire est nourri et logé. Il perçoit également de l’argent de poche chaque mois. Je n’ai manqué de rien.

D’un point de vue général, je crois que chacun peut trouver des gens bienveillants. La condition sine qua none : se lancer et aller de l’avant. Des « compagnons de route » ou des « anges gardiens », il y en a plus que l’on croit.

J’ai d’ailleurs été très chanceuse, car très jeune, j’ai été accueillie et hébergée par des familles d’accueil extraordinaires. J’ai été aidée par beaucoup de gens biens qui m’ont soutenue.

As-tu planifié ton volontariat longtemps à l’avance ?

Oui et non, mais il faut dire que le succès et les projets de vie se planifient, se préparent, demandent une vraie discipline, un vrai courage, et surtout, une constance dans ses rêves.

As-tu commis des erreurs lors de ton parcours ?

Je pense que tout le monde fait des erreurs, elles font partie de la vie. Il faut apprendre à ne pas en avoir peur : personne n’est devenu grand ou bon sans avoir commis des erreurs.

Quelles sont, selon toi les qualités pour réussir un tel projet ?

J’ai entendu quelqu’un dire «l’intelligence c’est l’adaptation». J’y ai beaucoup réfléchi. Savoir s’adapter est une énorme qualité.

L’accomplissement de ton volontariat européen t’a-t-il rendu plus heureuse ?

J’ai éprouvé un vrai sens du bonheur et de l’accomplissement lorsque j’ai commencé à écrire et à partager les histoires et les souffrances que ces femmes vivaient. J’éprouve un immense plaisir à partager les histoires des personnes qui, pour diverses raisons, n’ont pas pu le faire.

Aujourd’hui, je suis retournée dans mon pays d’origine, la Slovaquie, et je suis petit à petit en train de devenir journaliste freelance pour parler des causes oubliées, des violences invisibles et des histoires inconnues du grand public. Très récemment, j’ai accompagné un photographe français pour interviewer des réfugiés ukrainiens. Attester de ces vérités souvent cachées est quelque chose qui me motive jour après jour.

Le bonheur

Quelle est ta définition du succès ? Du sens de la vie ?

J’ai entendu quelqu’un dire la phrase suivante : « C’est très simple : dans la vie, on est soit « on course », soit « off course. » C’est vrai.

Quand on est heureux, on le sait. On sait très bien si l’on fait des choses qui nous plaisent. On n’a pas de doute en les faisant. Et c’est ça, le succès.

Je suis également convaincue que le sens de la vie, c’est le sens de l’humour.

Tes accomplissements sont-ils liés à une philosophie de vie particulière ?

Pas vraiment. Mais j’aimerais citer un courant dans la psychologie qui m’a énormément aidé et inspiré au quotidien : celui de Carl Rogers, psychologue fondateur de l’approche centrée sur la personne.

As-tu été inspirée par des personnes? Des livres ? Des œuvres artistiques ?

Absolument ! Les heureuses rencontres, les lectures et les œuvres d’art ont nourri tout mon projet de vie. Ce sont plus que des amis, ce sont des compagnons de route.

Des livres de Christian Bobin, de Kurt Vonnegut ou de Eric Lomax aux films documentaires, à la musique en passant par  l’humour, par les nouvelles formes d’art, par les projets de solidarité, tout m’a inspiré pour construire mon projet, ma voie.

Pour n’en citer que quelques-uns (ça serait dommage de ne pas les partager), il y a toute l’œuvre de Boris Cyrulnik sur la résilience et les travaux de Philip Zimbardo sur la psychologie humaine qui ont été un vrai déclic pour moi. J’ai toujours admiré le parcours extraordinaire du groupe de rock russe DDT qui m’a beaucoup inspiré. Christian Bobin a toujours été mon écrivain préféré. Parallèlement, j’ai toujours énormément admiré les comédiens qui font du stand-up comedy, car je trouve que c’est vraiment un métier difficile nécessitant beaucoup de courage. Dévoiler son monde mental devant les autres et ne jamais renoncer à sa propre vision, à ses rêves et à son sens de l’humour, cela m’est toujours apparu comme un challenge : j’admire notamment les comédiens Noel Fielding et Bill Bailey qui ont toujours été source d’inspiration pour moi.

Quelle est la citation ou le mantra qui te fait avancer ?

« You will face your greatest opposition when you are closest to your biggest miracle ».

 

Si comme Sara vous souhaitez vivre une expérience extraordinaire de volontariat, n’hésitez pas à vous rendre sur le site ERASMUS + FRANCE. Le service volontaire européen est ouvert à tous les jeunes, de 17 à 30 ans. Il n’y a ni condition de diplôme ni expérience requise.