Sophie, chauffeur Uber : « c’est la totale liberté ! »

Sophie est une chauffeur Uber pas comme les autres. Comment le sait-on ? Grâce à notre super fondatrice qui l’a rencontrée (par hasard) dans sa voiture le temps d’une course. Sophie a eu la gentillesse de se confier à nous le temps d’une interview. Elle est passionnée par son métier et nous expliquer pourquoi.

Bonjour Sophie. Vous avez rencontré Catherine dans votre voiture. Elle a tout de suite été séduite par votre vision de votre métier. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis une Ch’ti, née à Lille. J’ai fait ma carrière dans le Pas de Calais. Je suis arrivée à Paris il y a bientôt 4 ans. J’ai 3 grands enfants.  

J’ai tenu pendant 20 ans une boutique de prêt à porter masculin. A la suite de mon divorce, je suis devenue ambulancière et j’ai fait ce métier pendant 10 ans.

Comment en êtes-vous devenue chauffeur Uber ?

J’aimais beaucoup mon métier d’ambulancière mais on travaille les nuits, les jours fériés, les WE pour pas grand-chose.

J’ai trouvé l’idée d’Uber géniale. J’ai fait ma demande de carte VTC il y a longtemps. J’ai la chance d’avoir l’équivalence en tant qu’ambulancière. Je n’ai pas eu à passer d’examen.

Cela fait plus de 3 ans que je suis chauffeur Uber avec bonheur !

Quel aspect de votre métier aimez-vous le plus ?

C’est la totale liberté ! Plus on travaille, plus on est payé. Je gagne mieux ma vie maintenant et si je dois aller chez le médecin l’après-midi, je peux y aller car je n’ai pas de comptes à rendre.

L’autre aspect c’est la rencontre avec les gens !

Ah…Parlez-nous de rencontres, on adore !

Ma rencontre la plus marquante est avec Sandrine Chopin avec qui j’ai écrit le livre « Uber Hits ». Il y a des passagers avec lesquels je suis devenue amie et qui m’appellent régulièrement pour des courses.

Pas plus tard qu’hier, j’ai emmené des anglais du Sacré Cœur à Notre Dame et j’ai été invitée à manger des moules frites avec eux le soir.

J’ai reçu aussi énormément de conseils en faisant ces rencontres : des assureurs, des garagistes, des commissaires aux comptes…J’ai aussi rencontré des acteurs, des écrivains…

En règle générale, les gens ont envie de parler et il y a des échanges incroyables et enrichissants.

Depuis que j’ai commencé à travailler avec Uber, j’ai rencontré des passagers de 78 pays différents, c’est génial !

La majorité des clients sont sympathiques alors ?

Ah oui ! Honnêtement, je dois être à 11 000 courses, j’ai dû avoir 5 personnes désagréables, c’est tout. En plus lorsque c’est le cas, ce sont avant tout des gens qui sont en colère contre eux-mêmes.

Ce métier a-t-il changé votre vision de la vie ?

Oui ! J’avais tendance à juger un peu à l’aspect des gens. J’ai revu ma copie. On a des clichés sur certains pays et lorsque les gens vous racontent comment ça se passe chez eux, c’est complètement différent de l’idée qu’on en a.

Puis les gens aiment vous faire partager leur histoire et leur culture. Après je le provoque car c’est tellement enrichissant !

Quelle est l’anecdote qui vous a fait le plus rire au cours de votre carrière de chauffeur Uber ?

Il y en a deux.

Une fois j’ai pris un très beau jeune homme brésilien qui parlait très bien français, qui avait visité le monde entier. Il m’a dit qu’il était acteur. Lorsque je lui ai demandé dans quel film il a joué, il m’a répondu qu’il était acteur porno. Je ne savais plus quoi lui dire. J’ai le regret de ne pas avoir insisté sur les titres de ses films (rires).

Une autre fois, j’ai pris un prêtre en soutane. Il a juré comme un charretier toute la route ! Tous les noms d’oiseaux y sont passés et c’était très drôle !

Il y a aussi ces messieurs qui quittent leur maîtresse et qui appellent leur femme pour leur dire qu’ils sont restés tard au travail.

Si on veut plus d’anecdotes on peut lire votre livre « Uber Hit » ?

Oui. Pour l’écriture de ce livre, j’ai été aidée par 2 écrivains, Sandrine Chopin et Patrice Romain. Il y a 720 anecdotes. Les trois quarts viennent de mon expérience personnelle. Pour le quart restant, j’ai prospecté auprès de mes collègues VTC ou taxi.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui veulent devenir chauffeur Uber ?

Il faut qu’ils aiment conduire et surtout qu’ils aiment les gens ! Avoir beaucoup d’empathie, tout simplement. A partir de là, tout est possible. Il faut savoir rester calme et zen dans sa voiture, cela ne sert à rien de s’énerver. Il est très important aussi de veiller à l’entretien de son véhicule.

Envisagez-vous un autre métier un jour ?

Cela dépend des opportunités…Pourquoi pas si un jour un client veut m’avoir comme chauffeur privé au bout du monde.

Comment sera l’ambiance si nous montons dans votre voiture ?

Elle sera forcément bonne (rires) !

Au début, je vais vous poser des questions banales et ensuite on se racontera nos vies, ça nous fera du bien. Et on rigolera !

Quelle est votre devise dans la vie que vous voudriez transmettre aux lecteurs de l’Optimisme ?

Ne pas se prendre trop au sérieux et rester zen toutes circonstances. Ça m’a aidée dans la vie, quitte à crier un grand coup !

Un dernier mot que vous souhaitez ajouter ?

Il s’agit d’un métier essentiellement masculin. Nous sommes moins de 5% de femmes chauffeurs et ça serait bien qu’il y en ait plus.

Besoin d’un chauffeur privé qui vous fera vivre une course pas comme les autres ? Contactez Sophie Dammaretz sur son adresse mail : sophie.dammaretz@yahoo.fr

Pour connaître toutes ces anecdotes de « passagers en dehors des clous », nous vous invitons à découvrir « Uber Hits » que vous pouvez commander sur Amazon ou sur la Fnac. Nul doute que ces situations incongrues vous donneront le sourire !

Propos recueillis par Eva Mazur.