[TEMOIGNAGE 2/5] La désillusion de l’entrée dans la vie active

Suite de l’article Education : rentrer dans le moule et ne pas s’écouter.

Vient le moment de la spécialisation, par élimination, et parce que mon école ne propose pas une vraie spécialisation RH, je choisis la spécialisation audit. BAC+5 en poche, j’entre dans ma première entreprise, très fière de démarrer dans la « vie active ». Et là… c’est la désillusion !

Le bureau des gens malheureux

Moi qui pensais que les adultes avaient toujours raison, je réalise qu’ils sont tout aussi paumés que moi. Non seulement ils n’ont pas toujours raison, mais je trouve ceux avec qui je travaille très malheureux.

Ont-ils tous oublié leurs rêves d’enfant ?

Travailler dans un environnement où tout le monde porte un masque et fait la tronche, “cracher” sur ses collègues mais ne jamais oser partir, c’est ça être adulte ?

Se lever le matin, se forcer à aller au bureau, boire des cafés à foison pour « tenir le coup », payer ses factures, boire le soir entre copains en râlant sur sa journée, et recommencer, c’est ça la journée de ceux qu’on envie ?

Et puis ces adultes que j’admirais tant, pourquoi est-ce qu’ils crient les uns sur les autres ?

Sans parler de ceux qui font semblant de travailler et qui restent tard au bureau « parce que c’est bien vu », mais pourquoi ?

Je croyais que les adultes étaient responsables, qu’ils montraient l’exemple et qu’ils avaient raison. En entrant dans la vie active, j’ai compris que les adultes n’étaient rien d’autre que des enfants blessés qui n’avaient jamais appris à prendre soin d’eux et à être heureux.

J’avais lu quelque part que les gens heureux ne s’amusaient pas à détruire les autres, alors pourquoi ceux de cette grande entreprise se donnent-ils un malin plaisir à le faire ?

Partir avant qu’il ne soit trop tard

J’étais là, essayant de conserver ce qu’il me restait de joie de vivre, entourée d’adultes déprimés et agressifs. Pour certains, on aurait même pu croire qu’ils avaient perdu leur humanité.

Mon mal-être a profité de cet univers néfaste pour revenir, « hello darkness my old friend » ! Il revenait me dire que je ne valais rien, que la vie n’avait aucun sens, que je ne serai jamais heureuse, et que je devais l’accepter, « c’est la vie ! »

Alors pendant des mois je me suis résignée à faire comme tout le monde. Je travaillais comme une folle, même les week-end, je mettais ma vie personnelle entre parenthèses. Mais ça n’était jamais assez. En 3 mois, j’avais perdu 10kg et mes bras étaient recouverts de plaques rouges. Le stress avait pris le dessus sur tout.

Et puis un jour, encouragée par mon petit ami de l’époque et au bout du rouleau j’ai pris le peu de forces qu’il me restait pour poser ma démission.

Ce jour-là j’ai cru revivre. Je me rappellerai toujours de cette sensation de liberté en sortant du bureau, de cet immense sourire sur mes lèvres.

C’était terminé, plus jamais je n’accepterai de me faire abuser de cette manière.

Combien de personnes se font abuser au travail ? Combien d’employeurs ne pensent qu’à leurs profits financiers ? Comment acceptons-nous de laisser des employeurs qui nous remplacent en un claquement de doigt détruire notre santé qui, elle, est irremplaçable ?

Je m’étais acharnée car je croyais qu’être responsable c’était travailler dans un poste à responsabilité, reconnu par la société, payer ses factures et acheter un appartement.

Je n’avais pas compris qu’être responsable, c’était d’abord prendre la responsabilité de sa santé mentale et physique, et savoir dire non à ce qui ne nous correspondait pas.

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Marie-Alix, après des années dans le monde de l’entreprise est devenue coach pour accompagner ceux qui changent de vie. Contact : marie-alix@loptimisme.com