Un ambulancier témoigne : « mon métier est profondément humain »

Vous le savez, l’équipe de L’Optimisme aime interroger ceux qui exercent des métiers trop peu mis en lumière. Aujourd’hui, rencontre avec Sébastien. Cet ancien du monde l’édition a choisi de devenir ambulancier pour retrouver le sens qu’il avait peu à peu perdu dans son ancien métier. Rencontre. 

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Sébastien, 37 ans, j’habite dans un petit village à coté de Montpellier : Vendargues. J’ai travaillé 15 ans dans le monde de l’édition. En 2013, suite à un licenciement économique, j’ai voulu me rapprocher de mes valeurs profondes et m’engager pour l’humain. J’ai choisi de devenir ambulancier.

Pourquoi as-tu choisi le métier d’ambulancier ?

Petit à petit, je perdais le goût de mon métier dans l’édition, j’en avais fait le tour. Je ne voulais plus du traditionnel 9h-17h devant l’ordinateur. Je connaissais des ambulanciers dans mon entourage qui m’expliquaient que ce métier était très fatiguant mais profondément humain, cela m’a attiré.

Comment définis-tu ton métier ?

Je ne suis pas le médecin, mais je suis parfois celui qui voit.

Plus concrètement, mon métier consiste à accompagner les patients en temps et en heure dans leur structure de soin ou à domicile et d’assurer un suivi avec les infirmiers, les médecins, les kinés…  Mes horaires de travail sont variables d’un jour à l’autre.

Au quotidien, je transporte de nombreux patients dialysés (des problèmes aux reins) ou en cours de chimiothérapie. Je suis confronté à la maladie grave, à la détresse humaine, à l’isolement et à la solitude.

Mon enjeu est de faire du transport une petite bulle de bien-être et de bonheur. 

Comment gères-tu l’accompagnement de la maladie ?

Dans mon ancien métier, je ne dormais pas la nuit pour des petits soucis qui me semblaient être des montagnes. En étant ambulancier, j’ai pris conscience que les problèmes de santé étaient plus importants que tout.

J’ai suivi quelques formations par exemple en Ennéagramme (l’étude des 9 profils psychologiques) et en PNL (Programmation Neuro Linguistique). Pour comprendre les interactions avec mes patients, je m’intéresse de plus en plus aux différentes formes de communication (pas seulement les mots mais aussi les gestes : la communication verbale représente seulement 20% de la communication). Par ailleurs, en me connaissant mieux, j’arrive à mieux appréhender mes patients.

Ce métier peut être éprouvant. Je fais donc de la méditation afin d’apprendre à travailler sur la respiration et sur la gestion du stress.

Des choses te blessent particulièrement dans ce métier ?

Evidemment, la perte d’un patient est toujours très dure à vivre. Je transporte les mêmes patients plusieurs fois par semaine. On peut très vite s’attacher et perdre pieds. Mais je me relève toujours : on n’a pas le droit d’être faible pour les autres patients. 

Autre point blessant : la vision que l’on a parfois de nous. Un exemple récent : je transporte régulièrement un patient. Un jour il n’allait pas très bien, tant sur le plan physique que sur le plan moral. Je l’indique en arrivant à son médecin. “Il ne va pas bien aujourd’hui”. Réponse du médecin : “Vous n’êtes pas médecin”. Bien sûr, je ne me substitue pas au médecin, mais je passe beaucoup de temps avec mes patients, je les connais bien et nous, ambulanciers, nous voyons lorsqu’ils vont moins bien.

Cela continue de me blesser quand j’entends “le transporteur est là”. Nous ne transportons pas de meubles. Nous accompagnons des personnes pendant des phases de vie compliquées.

Un dernier message à partager ?

Prenez soin des ambulanciers sur la route ! Lorsque nous avons les gyrophares allumés et la sirène, nous sommes vraiment dans l’urgence ! Nous pouvons transporter des cas très graves, nous avons besoin d’une route très vite dégagée.

Merci beaucoup Sébastien pour ton témoignage ! A lire aussi : Laila, infirmière au parcours extraordinaire…

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