Vanessa, entrepreneuse, exploratrice

Chacun doit inventer son chemin #TeamSpirit

Vanessa peux-tu te présenter en 2 mots ?

Passionnée & curieuse. J’adore chiner, je peux passer des heures dans les brocantes… Et enfin le grand froid (avec du soleil) et les paysages à vous couper le souffle !

Peux-tu nous en dire un peu plus sur ton parcours ?

Un maître mot : se laisser guider par l’envie ! Après une année d’allemand à la fac -oui, je voulais être prof d’allemand, un truc assez rare de nos jours- je m’oriente vers ce qui me passionne : la linguistique. Et c’est parti pour un cursus en Sciences du langage. Autour de moi, pas mal de questions : mais qu’est-ce que tu vas faire après ? Pas d’inquiétude de mon côté, persuadée que la fac est un passage vers l’âge adulte et que le champ des possibles reste très ouvert… Déjà une optimiste !

Ce que j’aime sur cette photo : pas de chemin tout tracé, des choix et des possibilités !

Et c’est pendant mes deux années de master que les choses se précisent : je découvre et explore la notion de pédagogie et ses multiples approches. Je passe quelques mois à Berlin, histoire d’ouvrir un peu plus mes chakras. Je ne sais pas encore quoi ni comment, mais je sens que j’ai tiré un fil important dans mon parcours.

Et tu pars de nouveau ? 

Oui, je décide de quitter la France après mes études. Je postule pour un job d’enseignante en français dans une fac du Minnesota, et là, surprise, à la fin de l’entretien : j’ai le poste !  Quelques mois plus tard me voilà dans le grand froid. Je vis une année riche en découvertes… Et particulière : celle de la première élection de Barack OBAMA. Je suis « étrangère », avec tout à créer : interactions sociales, amis, collègues, vie quotidienne…

Finalement tu rentres en France ?

Mon contrat aux US dure un an. De retour en France, j’envoie quelques CV. Assez rapidement, je suis retenue sur une création de poste et découvre alors le champ de l’économie sociale et solidaire (l’ESS) et passe 5 années à développer des parcours de formation à destination de publics dits « éloignés de l’emploi ».

Pas de stigmatisation : pour moi, une personne est à considérer dans sa globalité. Chacun d’entre nous a des acquis et compétences développées grâce ou à cause de certaines expériences de vie ! Alors je m’emploie à construire des parcours qui peuvent faire sens pour chacun…

Au cours de ces 5 ans, un ou plutôt deux événements viennent bouleverser ma vie : je deviens maman… De jumeaux et je découvre le véritable sens du mot ORGANISATION !!!

Je décide de poursuivre mon aventure dans la formation professionnelle et intègre le monde des financeurs : encore une fois, création de poste, tout à construire, à développer. Je n’y avais jamais pensé mais je suis peut-être quelqu’un de créatif ?

Comment choisis-tu la suite ? 

J’ai le goût du challenge et suis pour le renouvellement des matières grises en entreprise. Je ne veux pas m’installer dans un confort et cesser d’innover. Je décide alors de faire mon job out pour prendre le temps de réfléchir à mon prochain « bébé ».

Ce que j’aime : travailler en collectif, défricher des sujets improbables (un peu « casse-gueule », en gros ceux dont personne ne veut), accompagner les dynamiques de parcours… Je crée alors une entreprise pour pouvoir faire tout cela, avec pour seule limite : le temps et la lucidité sur ce que je sais faire, ce que je peux apprendre à faire et le reste… Que je peux relayer à mon écosystème. Et si c’était ça l’entreprise de demain ? Des pôles de compétences qui s’articulent au gré des sujets et des projets ?

A-t-il été facile de faire ce changement ?

Oui et non, je m’explique. Quand fait le choix de l’entrepreneuriat, on fait face aux doutes… Mais on décide de se faire confiance. Il y a des jours avec et des jours sans. Créer, développer et voir son projet se structurer est un vrai moteur. Et puis, je ne voulais pas avoir de regrets… Alors j’ai fait le grand saut en me disant : c’est une expérience de vie, je ne sais pas combien de temps cela va durer, mais quoiqu’il arrive, j’aurai appris tout un tas de choses qui me feront grandir !

Et puis, les réactions de vos proches comptent : j’ai eu la chance d’être encouragée par mon entourage et des “personnes repères” de mon écosystème professionnel (car ça aussi, ça compte) pour qui cela était « une évidence » !

Il y aussi tous ceux qui vous renvoient leurs propres peurs : « Tu fais ta crise de la trentaine ? Tu as un super job et tu es reconnue, pourquoi tout quitter ? » Et puis ceux qui vous définissent par le fait d’être seulement une maman : tu as deux enfants quand même, c’est risqué !!! A ceux-là je réponds qu’il y a autant de femmes que de visions… Les enfants ne sont-ils pas plus heureux lorsque leurs parents sont épanouis ?

Et tu arrives à mener de front vie pro et vie perso ?

Je crois que oui : tant que l’on fait les choses avec envie, tout est possible. Ceci étant dit, je pense qu’organisation, agilité et ajustements sont les clés…

Quel est ton rôle au sein de l’Optimisme ?

Faire des liens : mon autre passion… Cela va de pair avec la notion de parcours n’est-ce pas ?

L’Optimisme est un mouvement jeune, je suis donc pour le moment un véritable couteau suisse animé par l’envie de transmettre un peu d’optimisme à nos lecteurs : je rencontre beaucoup d’optimistes, les interviewe et rédige des articles, interviens en entreprise et travaille en binôme avec Catherine sur les projets fous qui nous sont proposés… Et nous refaisons le monde à peu près cinq fois par semaine.

Qu’est ce qui te plait chez l’Optimisme ?

Le fait que tout soit possible… Le meilleur exemple : j’ai rencontré Catherine autour d’un café, pour échanger sur nos parcours… Et depuis ce jour, nous ne sommes plus quittées et travaillons ensemble, tout simplement !

L’envie d’avoir un impact qu’on ressent dans l’équipe et la complémentarité entre nous !

As-tu toujours été optimiste ?

Probablement sans le savoir… Même si comme tout le monde, je suis passée par des périodes difficiles dans ma vie. Mais c’est justement cela l’optimisme : rebondir et apprendre à tirer le côté positif de situations qui a priori n’ont rien de plaisant.

Passons aux questions plus classiques :

Quels sont tes 3 films préférés ?

J’ai vu beaucoup de films… Mais je suis incapable de me souvenir précisément des histoires. Je commencerai par citer celui qui a littéralement marqué mon existence : L’effet papillon. Peut-être pas un chef d’œuvre, mais il m’a fait beaucoup réfléchir. Et je me souviens encore de l’histoire, chose rare.

La la land ! Je ne veux pas spoiler, mais pour moi, la fin est représentative de ce qu’est la vie : un chemin qui n’est pas prédéfini.

Le père Noël est une ordure ! Je l’ai vu au moins une fois par an depuis 2 décennies… Et je ne m’en lasse pas.

Tes chansons préférées ?

Je n’ai pas vraiment de chanson préférée, ça dépend des moments ! Mais le morceau sur lequel je ne peux pas rester assise et qui me met la pêche : Follow rivers de Lykke Li. J’aime beaucoup Des’ree, Sia… Et en ce moment, je réécoute l’album de Lauryn Hill « The Miseducation ».

Tes 3 livres préférés ?

J’adore les nouvelles : j’admire les auteurs qui réussissent à vous faire entrer dans un univers en peu de pages. Parmi mes auteurs préférés, Stefan Zweig… Difficile de ne citer qu’un de ses ouvrages, mais allez, je joue le jeu : Vingt-quatre heures de la vie d’une femme. Parce que j’adore les livres qui vous racontent des histoires… Mais j’aime aussi ceux qui essaient de comprendre l’histoire.

Les 4 accords toltèques : un véritable livre repère, j’ai dû le lire 4 fois et en tirer des bénéfices différents à chaque fois !

Les fleurs du mal : et si je dois citer un des poèmes du recueil, L’invitation au voyage J’aime la poésie, tout simplement.

Tes techniques pour garder le moral ?

Danser, ça libère les énergies… Et maintenant que j’ai des enfants : nous avons instauré la friday night. On choisit des chansons à tour de rôle et on daaaaaaaaaannnnnnse jusqu’à épuisement (pour le moment on ne finit jamais très tard, ils n’ont que 5 ans).

Passer une soirée entre potes et discuter jusqu’à pas d’heure : on passe du coq à l’âne sans arrêt, les discussions sont donc souvent très longues…

Les 3 valeurs primordiales

La générosité : plus qu’une simple valeur, je dirai que c’est un principe de vie, une preuve d’ouverture à l’autre.

La bienveillance : on peut tout dire aux gens, exprimer des désaccords, des critiques constructives tant que cela ne vise pas à leur faire de mal… Et que l’on choisit bien ses mots (c’est le petit côté linguiste qui ressort de temps en temps 🙂 )

L’honnêteté : une condition sine qua non qui permet d’être aligné avec ses valeurs !  Etre d’abord honnête avec soi-même pour l’être aussi avec le monde qui nous entoure… Prendre du recul et se dire tout simplement : « attends, est-ce que c’est vraiment toi là ? »… Du pur bon sens, mais tellement important !

Une citation inspirante à partager ?

La terre n’est pas un don de nos parents, ce sont nos enfants qui nous la prêtent.

Et aussi

Le moment présent a un avantage sur tous les autres : il nous appartient.