Avec Cocoworker, envoyez du kiff à vos collègues

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Passionnée d’innovation managériale, Faustine Duriez a créé Cocoworker en 2016. Elle nous raconte comment sa plateforme aide les entreprises et ses salariés à grandir et à s’épanouir dans le nouveau monde du travail.

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Racontez-nous : quel est le point de départ de Cocoworker ?

J’étais consultante chez AXA, en communication puis en conduite du changement. J’aidais l’entreprise à mobiliser ses collaborateurs sur des sujets d’innovation et à changer leurs habitudes. J’ai toujours suivi de près l’actualité de l’innovation managériale, parce que j’ai la conviction qu’on ne peut pas résoudre des problèmes nouveaux avec des pratiques managériales héritées de la révolution industrielle !

J’ai dressé un constat très clair : les systèmes de motivation classiques de l’entreprise n’encouragent pas la collaboration et paraissent peu adaptés aux attentes des collaborateurs et au nouveau monde du travail. Décorrélés du rythme opérationnel, ils sont à la main d’une ou plusieurs personnes qui ne peuvent pas tout voir et tout savoir. Et ils sont essentiellement basés sur l’ancienneté et la hiérarchie et ne prennent pas en compte les soft skills des individus.

Je me suis aussi intéressée de près à deux notions qui sont en fait complètement liées : la reconnaissance – en manquer est l’une des causes les plus courantes de la souffrance au travail  (7 salariés sur 10 en souffrent d’après l’enquête Deloitte et Cadremploi de 2015 « Et le bonheur au travail ? ») – et l’engagement – comment faire en sorte que les salariés se sentent concernés, impliqués dans leur entreprise et parfois même fassent plus que ce qu’on leur demande ?

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Comment êtes-vous passée de la réflexion à un projet concret ?

Lors d’un hackathon organisé au sein d’AXA, j’ai proposé un projet : ITagYou, un outil de reconnaissance entre pairs, où chaque collaborateur pouvait offrir trois « tags » à ses collègues pour reconnaître ses compétences et ses savoir-être. J’ai adoré travailler sur le projet et l’écho positif que j’ai obtenu auprès des collaborateurs m’a encouragée à développer un prototype, même après la fin du hackathon.

 

Quand je l’ai pitché au Comité de direction, le directeur d’AXA Banque a accepté qu’on le teste dans son entité. Le pilote était très concluant puisque 97% des collaborateurs se déclaraient satisfaits. J’ai eu envie d’aller plus loin et de créer une plateforme qui permette aussi à d’autres entreprises et à leurs salariés de grandir et à s’épanouir dans le nouveau monde du travail. J’ai quitté Axa : Cocoworker était né.

Concrètement, en quoi consiste la plateforme ?

Cocoworker, c’est un peu la boîte à outils de l’entreprise nouvelle génération, c’est-à-dire, des entreprises apprenantes (qui savent solliciter l’intelligence collective), qui placent la qualité de vie au travail et l’innovation au cœur de leurs préoccupations car elles savent qu’elles sont les facteurs clés de leur réussite (collaboration, performance, engagement, attractivité, rétention talents etc.)

Inspirées par les valeurs du web, nos applications de feedback réinventent les systèmes classiques de reconnaissance, de développement professionnel et de prise de décision dans l’entreprise. La première que nous développons, ce sont les « kiffs », un mix entre un « merci » et un « félicitations »/ « wahou », une sorte de « likes » professionnels.Site-54-ConvertImage

C’est un outil concret qui met l’intelligence collective au service du développement et de l’évolution professionnelle de tous et permet d’augmenter le sentiment de reconnaissance des salariés. Chacun peut contribuer à révéler les talents de ses collègues au quotidien, en attribuant ses « kiffs ». C’est aussi un puissant levier d’engagement et un outil d’aide à la décision pour les RH et le management.

Leur nombre est défini par l’entreprise, comme le choix de la valeur accordée au kiff. Cela peut être une rétribution en termes de cadeaux ou avec une équivalence financière.

Vous en êtes où du projet ?

Le pilote continue chez Axa Banque, mais j’ai trouvé pas mal d’autres clients, notamment de grandes entreprises et des startups de l’économie collaboratives, qui sont intéressés. Je viens aussi de lancer une nouvelle version du site Internet et désormais, nous sommes trois à travailler sur Cocoworker.

Une vidéo inspirante à partager ?

Le TEDx talk de Vineet Nayar « Employees first, customers second », un coup de cœur totalement en phase avec le projet de Coworker.

 Des références à conseiller ?

Deux ouvrages : The future of management, de Gary Hamel et Managing Oneself, de Peter Drucker. Et une présentation incontournable sur la culture d’entreprise de Netflix.

Des citations qui vous motivent ?

J’ai trois mantras, trois citations que je me répète souvent. Celle-ci :

Une citation de Peter Drucker : « Le plus grand danger, dans les époques troublées, ce n’est pas le trouble, c’est de continuer à agir selon la logique d’avant. » Et un proverbe du sens commun mais très évocateur pour moi : « Quand on veut, on peut » ! J’essaie de l’appliquer tous les jours.

 

Propos recueillis par :

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Flora Clodic-Tanguy, Slasheuse heureuse, j’ai fait le choix du journalisme positif. Mon bouillon de culture: des nouveaux médias optimistes et tournés vers l’avenir; des initiatives d’innovation démocratique, sociale ou écologique ; des entrepreneurs inspirants. Twitter @flora
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